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Retraites : ce que font déjà nos voisins européens

À quelques heures de la présentation de la réforme des retraites par Elisabeth Borne, tour d’Europe des réformes menées par nos voisins.

retraites

Le Vieux Continent n’a jamais aussi bien porté son nom. En effet, en Europe, la population vieillit et à l’image de la France, plusieurs pays européens ont engagé une réforme des retraites, rappelle France bleu. A commencer par l’Italie, pays où plus de 23 % de la population est âgée de plus de 65 ans et où les pensions perçues par 16 millions de retraités italiens constituent 17 % du PIB. Le pays devrait enregistrer autant de personnes non-actives que de personnes qui le sont, d’ici 2050.

Aussi, en 2012, le gouvernement de Mario Monti a repoussé l’âge légal de départ à la retraite à 67 ans (66 ans et 7 mois pour les femmes), afin de conserver le système de répartition. En 2018, cette réforme a été assouplie par le gouvernement de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles. Les Italiens peuvent aujourd’hui partir à 62 ans, s’ils ont cotisé 41 ans à la fin 2023. Les 75 ans et plus ont également pu obtenir une revalorisation de la retraite minimum (de 525 à 600 euros). Près de 32 % des 16 millions de pensionnés reçoivent moins de 1.000 euros par mois. Et une nouvelle réforme pourrait intervenir dans le pays.

Outre-Rhin, les retraites en question

De l’autre côté du Rhin, en Allemagne, il est actuellement possible de partir à la retraite à 65 ans, à condition d’être né entre 1947 et 1964. Mais plus pour longtemps : l’âge de départ sera définitivement repoussé de deux ans, à 67 ans donc, d’ici 2029. Mais cela risque de ne pas suffire à conserver le système par répartition, selon les économistes, notamment en raison de la progression de l’espérance de vie dans le pays, fragilisé par une crise démographique.

Les actifs allemands pourraient même partir encore plus tard à la retraite. Aussi, selon les recommandations de la Bundesbank, ceux qui sont nés après 2011 pourraient attendre de souffler leurs 69 bougies avant de profiter d’un repos bien mérité. Selon la banque allemande, sans une telle réforme, il sera impossible de maintenir des retraites à taux plein. Selon les promesses d’Angela Merkel, l’ancienne chancelière, le niveau des pensions devait être maintenu à 48 % du salaire, ainsi qu’un taux de cotisation sociale n’excédant pas les 20 %.

Indexation sur l’inflation en Espagne

Mais la crise sanitaire est passée par là, laissant un trou béant dans les finances de l’Etat, ce qui a complexifié le financement des retraites. Olaf Scholz, le successeur de « Mutti », travaille actuellement sur une réforme qui devra faire augmenter le nombre de cotisants, malgré son engagement à ne pas décaler l’âge de départ à la retraite. Un retraité allemand gagne 1.100 euros par mois en moyenne. Dans le détail, la situation réelle est moins reluisante : alors que les femmes perçoivent, selon les montants nets pour 2021, 856 euros par mois en moyenne, c’est 1.203 pour les hommes. Et 11 % des retraités continuent d’exercer une activité pour compléter leurs revenus et ainsi améliorer leur quotidien.

Plus au sud, l’Espagne a également réformé son système de retraites. En 2011 d’abord, le gouvernement s’est fixé l’objectif de retarder progressivement l’âge de départ à la retraite pour atteindre, d’ici 2027, 67 ans. Pour toucher une retraite à taux plein, il faut avoir 66 ans et 4 mois, depuis le 1er janvier. Mais dans le pays, le montant des pensions fait davantage débat que l’âge de départ. Si les salariés peuvent en théorie compter continuer à percevoir près de 80 % de leur revenu, dans les faits, la réalité est tout autre : 60 % des retraités touchent des pensions n’excédant pas 1.000 euros. En 2021, après de nombreux mois de manifestations, les retraités ont obtenu leur indexation sur l’inflation.