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Retraites : la réforme en 5 questions

Le projet de réforme des retraites sera présenté et examiné à l’Assemblée le 6 février. S’il est acté, il devrait entrer en application en septembre prochain. Ce qu’il faut savoir.

retraite
Crédit : iStock.

1/ Que change le texte ?

Il contient toute une série de mesures dont la création de droits supplémentaires pour le cumul emploi-retraite (contrairement à la situation actuelle), la suppression de certains régimes spéciaux (RATP et Banque de France notamment) ou encore la meilleure prise en compte de la pénibilité avec l’instauration d’un fonds d’investissement pour l’usure professionnelle. Mais le principal changement est le report progressif de l’âge légal de départ à la retraite – au rythme de trois mois par an pour atteindre 64 ans en 2030 – combiné à l’augmentation du nombre de trimestres nécessaires pour valider une pension à taux plein. A terme, il sera ainsi nécessaire d’avoir cotisé 43 ans pour partir avec une retraite complète.

2/ Qui gagne, qui perd ?

Ceux qui gagnent un peu avec la réforme sont les « petits » retraités, actuels ou à venir, qui vont voir la pension minimale relevée à près de 1200 euros bruts (complémentaire incluse). La majeure partie des actifs, eux, sont perdants. A commencer par ceux qui fêteront leurs 62 ans en septembre prochain : ils vont devoir travailler trois mois de plus. Les générations de 1965 et 1966 seront, elles, les premières à subir la double peine : âge de départ relevé au-delà de 63 ans et nombre de trimestres requis porté à 172, soit 43 ans de cotisation. Enfin, les salariés ayant eu une carrière très longue ou longue pourront partir dès 58 ans pour certains (entre 60 et 62 pour les autres), mais à condition d’avoir cotisé 44 années, soit une année de plus que tout le monde.

3/ Le rachat de trimestres permettra-t-il de partir plus tôt ?

Non, cette faculté n’autorise pas à liquider sa pension avant l’âge légal, donc avant 64 ans. Il s’agit simplement de combler les années de cotisation incomplètes pour pouvoir partir avec le taux plein. Il est possible de racheter le taux et/ou la durée d’assurance, avec un maximum de 12 trimestres. La première option est moins chère (4367 euros le trimestre pour un rachat à 60 ans et dans le cas d’un salaire supérieur à 43 992 euros).

4/ L’âge du taux plein automatique est-il revu ?

Non, il ne bouge pas et reste fixé à 67 ans. A cet âge, quelle que soit la durée de cotisation et le nombre de trimestres enregistrés, la retraite est calculée sans décote. Avant cet âge, si vous partez sans remplir les conditions, votre pension de base sera amoindrie de 1,25 % par trimestre manquant. Pour un trimestre manquant, le taux retenu pour calculer votre retraite sera ainsi de 49,375% (au lieu de 50 % du salaire annuel moyen) ; pour 20 trimestres manquants et plus, il ne sera plus que de 37,500%.

5/ Ces mesures seront-elles suffisantes ?

L’objectif porté par la réforme est de combler le déficit du système de financement des retraites, que l’exécutif évalue à 12,4 milliards d’euros en 2027 et 13,5 milliards en 2030. Or, ces projections sont établies avec une hypothèse optimiste d’un taux de chômage à 4,5 %. Dès lors, les économies risquent de ne pas être suffisantes comme le pointe la fondation Ifrap. Le gouvernement escompte engranger 10,3 milliards d’euros en 2027 et 17,7 milliards en 2030 grâce à la réforme. Or, certaines concessions ou aménagements vont coûter cher. Le coût de la revalorisation de la pension minimale, par exemple, s’élèvera, selon l’Ifrap, à 400 millions d’euros en 2027 et 700 millions en 2030. La réforme évacue aussi l’alignement du régime des fonctionnaires sur celui des salariés, alors que le déficit structurel de ce régime (30 milliards estimés) est problématique. Le passage aux 65 ans pourrait donc bien revenir de nouveau sur la table…