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Les plans retraite font le plein commercial

Quand il s’agit de défiscaliser, l’épargnant est au rendez-vous. Preuve en est le succès du plan d’épargne retraite individuel (Perin), malgré des frais peu engageants.

Epargne
iStock

A la fin de novembre 2020, on comptait 670 000 plans d’épargne retraite individuels (Perin) ouverts pour un encours de 7,8 milliards d’euros, selon la Fédération française de l’assurance (FFA). Sans doute le cap du million sera-t-il rapidement dépassé cette année, si ce n’est déjà fait. Pour un produit né à l’automne 2019, la mayonnaise prend donc auprès des ménages, même s’il faut relativiser ces données qui intègrent (sans plus de détails fournis) des transferts d’ex-Perp (plans d’épargne retraite populaires). La joute commerciale autour du Perin ne fait en réalité
que commencer, l’offre gagnant chaque mois en densité.

Rendement moyen du fonds euros de 1,20% en 2020

Pour l’heure, un premier bilan doit être tiré du millésime 2020. Petit rappel : dans un Perin, l’épargne est automatiquement gérée par horizon, avec une sécurisation progressive de l’encours. Mais vous avez la possibilité de piloter vous-même votre capital, le répartissant entre les supports financiers disponibles, ou de recourir à une gestion sous mandat. Dans toutes ces formules, le fonds en euros est un élément clé, venant sécuriser le placement. Pour 2020, son rendement aura tourné en moyenne à 1,20 %. Rien d’exaltant, mais on s’y attendait, les fonds en euros des Perin étant mélangés à ceux promus dans les assurances vie.

Ce qui n’est pas sans soulever une première inquiétude. A compter du 1er janvier 2023, le fonds en euros du Perin devra en effet être géré dans un portefeuille financier dédié (cantonné, dans le jargon). Ce qui signifie qu’il rapportera des clopinettes si les taux obligataires restent en terrain nul, voire négatif, comme aujourd’hui. Plus problématique est le niveau constaté des frais d’entrée, qui courent de 0 % (Perin distribués sur Internet) à 5 %, le maximum légal autorisé. En moyenne, le taux ressort à 3 % (soit 30 euros prélevés pour un versement de 1 000 euros). Qu’est-ce qui justifie un tel prix pour un produit aux modes de gestion largement balisés par la réglementation et aux fonds en euros peu rentables ? Ajoutez-y une cotisation de 10 à 30 euros à l’ouverture du plan, ce dernier étant obligatoirement souscrit par une association d’épargnants auprès d’un assureur vie. Bref, cher payé ! D’où l’obstination de Mieux Vivre Votre Argent à indiquer systématiquement dans nos tableaux de produits la ponction contractuelle prévue.

Diversifier avec les UC

Il est ainsi important de diversifier votre capital vers d’autres supports financiers (unités de compte) à l’intérieur du Perin, notamment si vous êtes à plus de dix ans de la retraite. Attention, l’offre est très hétérogène. Certains plans regorgent de fonds « maison », quand d’autres sont réellement multigestionnaires. Gare là encore aux frais de gestion, autour de 1 % annuel. A noter : les Perin du marché sont juridiquement des contrats d’assurance, donc aux mains des assureurs. Deux exceptions : le Crédit Agricole et Yomoni proposent un plan adossé à un compte-titres. Là, pas de fonds en euros, mais uniquement des offres de gestion pilotées moins chargées en frais.