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Retraite : Attention aux frais dans les PER !

Un rapport du CCSF pointe du doigt les frais et pratiques tarifaires des nouveaux plans d’épargne retraite. Ce comité recommande plusieurs améliorations pour les épargnants.

assurance vie
Crédits : iStock.

Soyez bien vigilants sur les frais des nouveaux Plans d’Epargne Retraite (PER). Alors que ces enveloppes lancées par le gouvernement dans le cadre de la loi Pacte en 2019 ont déjà séduit 1,4 million d’épargnants, le Comité Consultatif du Secteur Financier (CCSF) alerte sur ce sujet. A l’instar des anciens dispositifs, comme le Perp, le contrat Madelin ou l’Article 83, ces produits supportent une accumulation de coûts qui vont peser in fine sur leur rendement ! De nombreuses voix se sont déjà élevées contre ces pratiques. Au sein de Mieux Vivre Votre Argent, nous mettons régulièrement en garde sur cette question des frais. Et fin 2020, l’UFC-Que choisir alertait encore sur cette tendance. Mais il s’agit cette fois d’une consultation commandée expressément par le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance.  Le CCSF a dans ce cadre passé au crible l’offre de PER individuels (34 PER assurance et 2 PER compte-titres) avec le concours de la société Sémaphore Conseils.

Des frais excessifs

Le constat est sans appel. Les nouveaux PER sont en effet censés être plus simples, plus transparents et plus faciles d’utilisation. Mais in fine, ils tombent dans les mêmes travers que les anciens supports au niveau tarifaire. Le CCSF constate plusieurs dérives. D’abord des frais excessifs. Les seuls frais de gestion (assureurs et sociétés de gestion) dans un PER comprenant des unités de compte en actions atteignent 3%. S’ajoute ensuite les frais de versements (en moyenne de 3% même s’ils peuvent être compris de 0 à 5%), les frais d’arbitrages ou encore d’arrérages (au moment de la rente).

Or si l’épargnant choisit la déductibilité de ses versements, le gain fiscal masque en apparence l’impact négatif des différents prélèvements. Deuxième travers : des informations trop parcellaires sur ces frais. Impossible pour un épargnant de comparer les produits sans faire appel à un conseiller pour accéder à certains éléments. Et même, le souscripteur n’a pas accès à toute l’information dans son relevé annuel. Un comble !

Des performances dégradées

Sans surprise, le CCSF recommande d’améliorer l’information sur les frais avant la souscription, d’afficher les frais totaux et de créer un comparateur public des offres. Des mesures de bon sens ! Avant de souscrire à un PER individuel, il faut bien vous renseigner sur les frais, comparer et surtout ne pas hésiter à négocier (les frais d’entrée notamment). Privilégier les contrats Internet, qui comme en assurance-vie, ne ponctionnent pas de droits d’entrée. Des mesures indispensables pour préserver vos performances à long terme.

Pour rappel, les fonds en euros des PER individuels ont offert en moyenne 1,20 % de rendement en 2020. Dès 2023, ce support devra être géré dans un portefeuille financier dédié. Ce qui signifie qu’il ne rapportera plus rien si les taux obligataires restent en terrain nul, voire négatif, comme aujourd’hui. Il faudra seulement compter sur la performance des unités de compte qui dépend du contexte boursier et aussi des frais facturés !