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PER : quelles sont les attentes des épargnants ?

S’il affiche de bons résultats depuis son lancement il y a deux ans, le nouveau Plan d’épargne retraite gagne encore à être connu, et reste encore globalement trop cher.

L’année 2021 devrait être un bon cru pour le Plan d’épargne retraite (PER). D’après une étude de Fidelity International menée en partenariat avec Insight AM*, depuis le lancement du nouveau dispositif avec la loi Pacte, en 2019, 5% des épargnants interrogés disent disposer d’un PER. Le placement a encore « de fortes potentialités de croissance », selon Fidelity, 30% des épargnants souhaitant effectuer des opérations autour du PER cette année. Parmi ses atouts : une fiscalité avantageuse à l’entrée ou à la sortie, mais aussi la capacité de déblocage anticipé en cas d’acquisition de la résidence principale. Un avantage particulièrement recherché chez les 25-34 ans, plébiscité par 25% d’entre eux. Autre point favorable, le choix entre sortie en rente, en capital ou les deux lors de la retraite. « Au regard des tendances en cours, on s’attend à ce que ce marché continue de croître dans les prochaines années, à mesure que les simplifications des dispositifs d’épargne retraite, apportées notamment par la loi Pacte, continueront de se faire ressentir », estime le gestionnaire d’actifs.

Frais, communication, conseil

Pour autant, du chemin reste à parcourir pour que le PER devienne vraiment incontournable. Les encours du dispositif restent encore minces comparés à l’assurance vie : un peu plus de 30 milliards d’euros contre plus de 1.850 milliards. Et certains facteurs pourraient contribuer à ce que le PER reste pour un moment encore dans l’ombre de l’assurance vie. D’abord la question des frais, lourds pour ce dispositif, comme l’a remarqué le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) cet été. Pour 33% des sondés, c’est même un frein à la souscription.

Mais c’est aussi sur la communication que l’accent doit être mis. En effet, 28% des personnes interrogées n’ont pas été alertées que les anciens contrats retraite – Madelin, Article 83, Préfon etc. – n’étaient plus disponibles à la vente depuis le 1er octobre 2020 et qu’ils pouvaient être transférés dans les nouveaux PER, selon l’étude. Les autres attentes des épargnants vont de la compréhension des avantages fiscaux associés au produit à l’absence de vision à échéance du capital obtenu.

Par ailleurs, les épargnants sont encore « trop peu sollicités » pour être dirigés vers le nouveau plan d’épargne retraite, constate l’étude : 71% d’entre eux n’ont ainsi jamais été dirigés par un conseiller pour souscrire un PER. Pourtant, 76 % des distributeurs de produits assurantiels proposent le PER individuel comme solution aux besoins d’épargne retraite exprimés par leurs clients. Un taux qui monte même à 94% du côté des courtiers d’assurances.

Des problématiques qui pourraient devenir « structurelles »

Autant de points qui doivent être améliorés, sous peine de plomber sur le long terme le PER. La fluidité des opérations de transferts des comptes, et le besoin de pédagogie sur les modes de gestion, sur les options de sortie en capital, sur les supports sous-jacents pourraient en outre « devenir des problématiques structurelles », conclut le gestionnaire.

*Étude réalisée par OpinionWay via un questionnaire auto-administré en ligne (CAWI) au cours du 1er semestre 2021. Échantillon de 1001 épargnants (plus de 10 000 euros d’épargne et disposant d’une assurance-vie) représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas.