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« Plan d’épargne retraite : pour qui, pourquoi ? »

Jusqu’à maintenant, le faible intérêt pour les produits d’épargne retraite s’expliquait par une offre peu lisible, des produits régis par des règles et des fiscalités très différentes, des modalités de sorties rigides, etc. Le point avec Equance sur le PER, nouveau produit d’épargne qui n’est pas pour tout le monde…

Florent Issert, consultant chez Equance

Le Plan d’épargne retraite (PER), lancé depuis deux ans, permet de regrouper dans un même produit l’ensemble des contrats retraite individuels (Perp, Madelin, …) et à terme, des contrats collectifs (Perco, Article 83, …) que vous avez pu accumuler au cours de votre carrière, parfois auprès d’établissements différents. Une fois ouvert, le PER pourra lui-même être transféré d’un établissement à l’autre.

Ce dispositif a deux vertus principales :

La première est qu’il simplifie l’épargne retraite en France, la seconde est qu’il prévoit une sortie au choix, en rente ou en capital (fractionné ou non). Le PER est souvent comparé au contrat d’assurance-vie : la phase d’épargne (pendant la vie active) et la phase de service (au moment du départ en retraite). La plupart des simulations que nous avons effectuées montrent que le PER est plus performant lorsque le taux d’imposition sur le revenu est fort en phase d’épargne et faible en phase de service. Le PER devient moins performant dans les rares cas où le taux d’imposition sur le revenu est faible pendant la phase d’épargne et fort pendant la phase de service. Selon les compagnies, le PER et le contrat d’assurance-vie sont équivalent lorsque le taux d’imposition sur le revenu est identique en phase d’épargne et en phase de service.

Ce produit, qui concerne surtout les gros contribuables, est plébiscité par les épargnants pour son dispositif fiscal incitatif. Le PER fait l’objet d’une fiscalité spécifique à l’entrée avec une déductibilité de l’impôt sur le revenu sous conditions. Attention, un épargnant ayant souscrit un PER voit ses revenus grevés de 3,18 % par an en moyenne, d’où la volonté récente de Bercy de réduire les frais du PER.

L’optimisation de la rémunération du chef d’entreprise : quelle place pour le PER ?

Il existe de nombreuses stratégies d’optimisation de la rémunération : certaines sont profondes et engageront le dirigeant sur du long terme (choix du statut, choix de la société d’exploitation…) d’autres seront plus ponctuelles (Comptabilisation d’une prime, utilisation d’un avantage fiscal…) et d’autres encore constitueront plus des « astuces » que le fondement d’une stratégie (utilisation des frais professionnels, négociation d’une option particulière d’un contrat retraite…).

Le PER fait partie de ces stratégies dites « ponctuelles ». Cependant lorsqu’on y regarde de plus près la souscription d’un PER est une décision qui engage le chef d’entreprise sur le long terme et qui n’est pas à prendre à la légère. Retenez que ce produit est le support roi en phase d’épargne lorsque votre TMI est élevé, retenez également que la phase de sortie est technique et doit être bien négociée car si le PER est avant tout un outil « retraite » il peut aussi être utilisé en phase de transmission… Dans tous les cas, soyez accompagné dans le choix de votre contrat.