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Plan d’épargne retraite : avez-vous intérêt à déduire vos versements ?

Les sommes placées sur un plan d’épargne retraite (PER) sont déductibles de vos revenus imposables. Vous pouvez renoncer à cette déduction pour profiter d’une fiscalité plus avantageuse à la sortie.

PEL
Credit : iStock.

Le plan d’épargne retraite (PER) permet de se constituer une retraite supplémentaire, liquidable sous forme de rente viagère ou en capital en fin de carrière. Que ce soit en rente ou en capital, vous serez imposé « à plein » si vous déduisez vos versements de vos revenus imposables. Si vous renoncez à cette déduction, seuls vos gains seront taxés. Le choix à privilégier dépend de votre situation fiscale présente et à venir.

Vous êtes lourdement imposable

Si vous êtes imposable dans les tranches élevées du barème de l’impôt (taxées à 30 % ou plus), vous avez intérêt à déduire vos versements. Vous réaliserez des économies d’impôt proportionnelles à votre taux d’imposition. Des économies d’autant plus intéressantes, si vous êtes adepte de la défiscalisation, qu’elles ne seront pas soumises au plafonnement des « niches fiscales ». Pour les sommes épargnées en 2021, cette déduction est permise dans la limite maximale de 76 102 € si vous êtes travailleur indépendant ou chef d’entreprise, et de 32 909 € dans les autres cas.

En contrepartie, les sommes récupérées à la sortie seront imposables. Si vous liquidez votre PER en rente, elle sera taxée comme une retraite. Si vous le liquidez en capital, la part correspondant à vos versements sera aussi taxée comme une retraite, mais sans l’abattement de 10 % applicable aux pensions, et celle correspondant aux gains générés par le plan comme un revenu de placement financier. Vous supporterez aussi les prélèvements sociaux sur une fraction de la rente ou du capital récupéré.

Cette taxation réduira inévitablement les économies d’impôt réalisées pendant la phase d’épargne. Mais votre taux d’imposition sera normalement plus faible à la retraite. En principe, vous resterez donc globalement « gagnant ». Surtout si vous avez commencé à épargner tôt pour la retraite et avez alimenté votre PER régulièrement !

Vous n’êtes pas (ou êtes peu) imposable

Si vous n’êtes pas imposable, et passé le point de savoir si ce dispositif est pertinent pour vous ou non, vous avez intérêt à renoncer à la déduction de vos versements. Vous ne perdrez rien dans l’immédiat et vous profiterez d’une fiscalité allégée au dénouement du plan, si vous êtes devenu imposable entre-temps.

En cas de sortie en rente, elle sera taxée comme une rente viagère à titre onéreux. C’est-à-dire sur 30 % ou 40 % de son montant seulement. Cela reviendra en pratique à n’imposer que la part de votre rente correspondant à vos gains. Et en cas de sortie en capital, seule la part correspondant à ces derniers sera taxée (comme un revenu de placement financier). En revanche, la part correspondant à vos versements sera exonérée d’impôt. Là encore, vous supporterez les prélèvements sociaux sur une fraction de votre rente ou de votre capital.

Si vous êtes faiblement imposé, mieux vaut aussi renoncer à la déduction de vos versements, car les économies d’impôt obtenues si vous les déduisez risquent d’être plus faibles que les impôts que vous payerez à la sortie. À moins, bien entendu, de prévoir que vous ne serez plus imposable à la retraite !

Bon à savoir : L’option pour la non déduction peut être exercée à chaque versement. Elle doit être faite au plus tard lors de ce versement auprès du gestionnaire de votre PER. Vous pouvez faire un choix différent à chaque versement.