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Épargne : « les frais doivent être transparents, mais la simplicité et la lisibilité par tous est la priorité »

Entretien avec Olivier Sentis, directeur général de la mutuelle MIF.

Olivier Sentis, directeur général de la MIF

A qui s’adresse l’offre en épargne de la MIF ?

Olivier Sentis : nous sommes une petite mutuelle, sans agence, ni commerciaux à rémunérer. La MIF développe un modèle disruptif, axé sur le digital. Aujourd’hui, 80 % des souscriptions en assurance vie sont en ligne. A partir du 1er juillet, l’opération sera possible à 100 % sur notre plan d’épargne retraite (PER). Notre assurance se veut la plus simple possible, destinée au plus grand nombre. Ce qui signifie par exemple que nous ne proposons pas d’offre en Eurocroissance, et que nous ne nous tournons pas vers les produits promus par les CGPI. Nous proposons une vingtaine d’unités de compte (UC), pour un taux moyen de 38 %. L’encours moyen de nos clients est de 30.000 euros par contrat. Les frais sont parmi les moins onéreux du marché, soit 0,6 % de frais de gestion et 0,2 % de frais pour la gestion sous mandat. Au total, la MIF dénombre 100.000 clients actifs en épargne et 100.000 contrats en prévoyance ou rente.

Prévoyez-vous d’étoffer votre une offre, en proposant de nouveaux produits ?

O. S. : nous avons pris le temps de développer notre PER, qui n’a que quelques mois d’existence, pour proposer une offre de qualité incluant l’accès à des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI). Nous réfléchissons également aux produits structurés, ce qui pourrait être notre prochain pilier. Nous attendons toutefois de voir comment les marchés vont évoluer pour nous positionner. Il y a également une forte demande en ETF de la part de nos sociétaires. Les crypto-actifs intéressent, bien que ce secteur ait perdu de sa superbe récemment. Pour notre part, nous ne sommes pas favorables à pousser vers des actifs très spéculatifs comme ceux-ci. Aujourd’hui, les épargnants veulent surtout protéger leur patrimoine, et en tant que mutualistes, nous ne souhaitons pas pousser au risque.

En ce moment, l’inflation et la perte de pouvoir d’achat qui en découle sont parmi les sujets les plus préoccupants en matière d’épargne

O. S. : L’inflation est la question du moment. Bien que solide, notre fonds en euros, ne suffira pas à compenser l’inflation [il a servi 1,70 % en 2021, NDLR]. D’où le fait que nous musclons les UC. Les SCPI sont une solution : c’est un bon produit « sécuritaire » contre l’inflation, qui s’intègre bien à l’assurance vie et affiche un rendement de 4 ou 5 %. Néanmoins, il est important de garder à l’esprit qu’on peut difficilement préserver le pouvoir d’achat dans cet environnement, même si on a pour mission de limiter la perte.

Votre offre en PER est toute récente, quels sont vos objectifs sur ce segment ?

O.S : nous dénombrons à l’heure actuelle 350 souscripteurs, ce qui représente 0,5 % seulement du marché. Notre objectif est de passer à 10 % de nouveaux souscripteurs par an en PER, pour un total de 800 environ à la MIF. Mais nous ne souhaitons pas survendre le PER : il nous semble qu’il faut d’abord se diriger vers l’assurance vie avant d’aller vers ce produit.

En assurance vie comme en épargne retraite, l’heure est à la volonté de faire baisser des frais. Comment accompagnez-vous cette tendance ?

O.S : nous sommes extrêmement favorables à ce mouvement sur les frais. Mais il faut cependant faire attention à ce que cela ne soit pas contre-productif, en rajoutant encore des documents au millefeuille existant. En effet, les frais doivent être faibles mais la simplicité doit demeurer. Nous estimons que le tableau de frais qui devra figurer dans les contrats dès cet été ne pourra pas être lu, ni compris par tous. Le grand public risque de se retrouver noyé. Il y a, par ailleurs, d’autres problématiques importantes qui demeurent. Je pense à la commission des CGPI ou aux rétrocessions, par exemple.