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Epargne retraite : prenez les commandes de votre PER

Le PER est-il fait pour vous ? Tout ce qu’il faut savoir.

croissance

La nouvelle réforme des retraites programmée pour 2023 concernera-t-elle son étage par capitalisation, à savoir le Plan d’épargne retraite (PER) ? Probablement pas, sauf imprévu. Trois ans après son lancement commercial, ce dernier s’affiche comme la solution universelle pour se constituer un complément de retraite personnel. C’est pourquoi vous le trouverez désormais dans tous les établissements financiers sous sa forme individuelle (Perin). Très bien, mais ce produit est-il pour autant fait pour vous ? Trancher ce point préalable vous évitera bien des erreurs de parcours. Par définition, le Perin s’adresse aux actifs, même si les retraités ou les enfants pourraient aussi y trouver intérêt. Pour rendre l’investissement dans un Perin pertinent, une condition nous semble nécessaire : être dans une tranche marginale d’imposition de 30% ou plus. Et pour cause, les versements y sont déductibles du revenu imposable (sous certains plafonds). De quoi obtenir une baisse de son impôt sur le revenu significative dans les tranches à 30%, 41% ou 45%. Ce qui ne sera pas le cas pour les non-imposables ou les ménages à 11%. En contrepartie, sachez que tout argent investi dans un Perin ne sera pas récupérable avant la retraite, sauf gros coup dur (décès du conjoint, invalidité sévère, etc.) ou achat de sa résidence principale. Et qu’à la sortie, le capital ou la rente perçu sera fiscalisé.

Recherche d’un rapport qualité/prix satisfaisant

Si ce cadre générique du Perin vous convient, il faut maintenant aller plus loin. Pour cette année 2023 (et les suivantes), il est plus que temps de prendre les commandes de votre épargne retraite. Soyons à cet effet résolument pragmatique en suivant deux axes clés. Premier d’entre eux, il vous faut investir dans un Perin au rapport qualité/prix satisfaisant et au contenu adapté à votre profil d’épargnant. Reprenons. Le marché des Perin s’est fortement épaissi au fil de ces trois ans écoulés. On y compte désormais une centaine de produits distribués partout où il est question de finances personnelles : banques, assureurs, courtiers, sites Internet, etc. Les grosses enseignes, celles à forte notoriété, captent la majorité des ouvertures de plans alors que leurs produits sont, il faut le dire, sans éclat. Étalonner les Perin est un premier impératif pour prendre son épargne retraite en main. Comment faire ? En utilisant des critères de comparaison, principalement les frais du plan (sur les versements, la gestion annuelle, les options, les fonds), l’offre financière (fonds en euros, solutions de diversification), et les services associés (consultation, opération du compte). Une approche que nous recommandons déjà sur le marché de l’assurance vie. Le saviez-vous ? A l’exception de quelques plans bancaires, les Perin sont juridiquement des contrats d’assurance vie. Dans les faits, pour les créer, les assureurs ont effectué des copiés-collés de leurs assurances vie, aux quelques ajustements réglementaires près. Attirons toutefois votre attention sur deux écueils dans la quête du bon produit. Un, prenez garde aux performances affichées ici ou là par les établissements financiers. Le Perin est encore bien trop jeune (certains n’ont été lancés qu’en 2022 !) pour tirer des enseignements solides sur ce point. Deux, tous les Perin ne sont pas faits pour vous. Quand certains sont très sophistiqués, d’autres font dans la simplicité. D’où notre sélection de bons Perin plutôt destinés aux épargnants néophytes versus avertis.

Trop tôt pour juger les performances

Passons à l’axe n°2. Le juge de paix d’un placement financier reste sa performance financière. Comment l’optimiser dans un Perin ? Répétons-le, il est bien trop tôt pour se baser sur les performances affichées ici ou là. Plus intéressant est de savoir où vous mettez les pieds et pour combien de temps. Par défaut, en ouvrant un Perin, votre épargne sera gérée selon un profil équilibré dont la répartition entre supports sécurises/risqués dépendra de votre âge. Libre à vous toutefois d’opter pour un profil plus prudent ou a contrario plus dynamique. Sachez-le, les professionnels sont moyennement convaincus par cette mixture « profil d’épargnant / horizon de placement », même si le discours officiel lui dresse des lauriers. L’histoire ne leur donne pas tort, puisque la gestion par horizon promue dans les assurances vie au début des années 2000 n’a guère porté ses fruits. Et qu’elle a du reste été abandonnée par la plupart des compagnies au fil des années. Ce n’est pas une raison suffisante pour s’en écarter. Mais si vous choisissez une gestion pilotée par horizon, comprenez bien de quoi elle est composée (par exemple, comment est investie la partie sécurisée : fonds en euros, fonds monétaire ?). Et sachez en sortir si elle s’avère décevante. C’est aussi de cette manière que vous prendrez les commandes de votre épargne retraite, qui ne doit surtout pas rester figée jusqu’au terme prévu. Hormis à avoir opté pour un Perin en points (voir encadré), vous gardez toujours la main sur vos choix d’investissement, avec la possibilité d’effectuer un arbitrage, terme technique qui vous permet de modifier la gestion de vos deniers. Notons que certains Perin proposent des solutions de gestion sous mandat plus sophistiquées. Intéressant, mais attention au surcoût de frais annuels (0,5 à 1% en sus). Autre voie : opter pour une gestion libre de votre capital selon l’offre financière proposée dans le Perin. A priori, cette solution est destinée aux épargnants les plus avertis. Mais pas seulement. Avec l’appui d’un conseiller patrimonial indépendant, c’est une piste à étudier de près. Et si vous êtes néophyte, ne vous découragez pas. Combiner deux ou trois supports diversifiés, un peu de fonds en euros et d’immobilier (SCPI, SCI) n’est pas si compliqué, quoi qu’on vous en dise.

Bilan : bien qu’il soit un placement de longue haleine, le Perin ne doit surtout pas devenir un poids mort dans votre patrimoine. Prenez résolument en main son contenu et sa direction. N’hésitez pas à en changer si vous êtes déçu du produit ouvert : le transfert est un droit, qui vous en coutera 1% de frais les 5 premières années, rien après. Dernier point : une fois à la retraite, rien ne vous obligera non plus à en récolter immédiatement les fruits. Vous pourrez le laisser prospérer et éventuellement en transmettre la valeur à votre décès. Un Perin, ça se gère !