Se connecter S’abonner

« Retraite : le PER est-il fait pour vous ? »

Lancé il y a un peu plus de trois ans, le Plan d’épargne retraite (PER) a déjà séduit plusieurs millions d’épargnants. Mais à qui ce dispositif s’adresse-t-il réellement ?  Par Gilles Belloir, directeur général de Placement-direct.fr.

Gilles Belloir, directeur général du courtier en ligne Placement-direct.fr.

A l’heure où le sujet de la réforme des retraites bat son plein, il semble plus que jamais nécessaire de miser sur ses propres deniers pour compléter sa future pension.

Lancé par la loi Pacte le 1er octobre 2019, le Plan d’Epargne Retraite (PER) constitue une bonne solution avec, cerise sur le gâteau, un avantage fiscal à la clé. Et contrairement à certains de ses prédécesseurs (Préfon pour les fonctionnaires, contrats Madelin pour les non salariés), ce dispositif est ouvert à tous, y compris aux inactifs, aux mineurs ou aux retraités. Pour autant, cela ne veut pas dire que le PER est conseillé à tous les épargnants. Explications.

Pour les plus imposés uniquement

Les versements volontaires que vous effectuez sur un PER sont déductibles de vos revenus imposables, dans la limite d’un plafond mentionné sur votre dernier avis d’imposition. 

L’économie d’impôt qui en résulte dépendra alors de votre taux marginal d’imposition (TMI), c’est-à-dire le taux d’imposition de la tranche la plus haute de vos revenus. Plus celui-ci est élevé, plus les versements effectués sur un PER seront efficaces.

Prenons un exemple : vous réalisez un versement déductible de 10 000 euros. Si vous vous situez dans la tranche imposable de 30%, l’économie d’impôt représentera alors 3 000 euros (10 000 euros x 30%).  Elle sera de 4 100 euros pour une tranche de 41% ou encore de 4 500 euros pour celle de 45%. Bien sûr, nous supposons ici que le versement n’a pas d’impact sur le niveau de votre TMI.

Vous l’aurez compris, le PER s’adresse aux épargnants les plus fortement imposés. Si vous n’êtes soumis qu’à la première tranche du barème de l’impôt sur le revenu qui est de 11% (ou que vous n’êtes pas imposable), passez votre chemin. En effet, une fois retraité les prestations qui vous seront versées sous la forme d’un capital ou d’une rente viagère seront à leur tour fiscalisées. Le risque est alors grand de voir votre niveau d’imposition à la sortie dépasser l’économie d’impôt perçue à l’entrée. Une mauvaise affaire en somme.

Pour ceux qui ont du temps devant eux

Autre point et non des moindres, le PER est un dispositif dit tunnel. Cela signifie que l’épargne constituée sur le plan est indisponible (hors acquisition du logement et accidents de la vie) jusqu’à l’âge de la retraite. Là aussi, l’avantage fiscal procuré par un niveau de TMI de 11% est insuffisant pour justifier d’une indisponibilité des fonds pendant potentiellement plusieurs dizaines d’années.

En pareille situation, privilégiez un contrat d’assurance vie, grand frère du PER. L’assurance vie n’offre pas d’avantage fiscal à l’entrée mais l’épargne constituée sur le contrat reste disponible à tout moment. Et sa fiscalité est particulièrement douce en cas de retrait après huit ans ou en cas de décès.

Pour ceux qui souhaitent transférer un ancien dispositif

Les atouts du PER sont nombreux pour ceux qui souhaitent débuter la préparation de leur retraite. Mais c’est également le cas pour les épargnants désireux d’y transférer d’anciens dispositifs (Perp, Madelin, Prefon), fermés à la commercialisation depuis le 1er octobre 2020.

En effet, le PER apporte des évolutions attendues par les épargnants sur au moins deux points clés. D’une part, il autorise à la retraite une sortie sous la forme d’un capital ou d’un capital fractionné et non plus uniquement (ou essentiellement) en rente viagère. D’autre part, le PER peut être débloqué avant l’âge de la retraite s’il est utilisé pour l’achat de la résidence principale. 

Si vous êtes séduit par les caractéristiques du PER et que vous souhaitez en profiter pour moderniser un vieux contrat parfois peu généreux en solutions d’investissement et très chargé en frais, un transfert s’impose.