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La réforme des retraites dope le recours au PER

Devant un probable report de l’âge légal de départ à la retraite et la crainte d’un essoufflement du système, l’engouement pour le PER se confirme.

PER
Crédit: iStock.

Un PER à défaut de retraite ? Le projet vient seulement d’être présenté en Conseil des ministres. Il doit encore faire face à une forte contestation et passer l’épreuve d’un vote sans majorité absolue pour l’exécutif. Néanmoins, ses principaux points sont connus et ne sont pas nouveaux. Les Français risquent de devoir travailler plus longtemps pour obtenir une retraite à taux plein. Et certains parmi les plus jeunes anticipent une très faible pension pour leurs vieux jours. En témoigne l’engouement croissant pour le plan épargne retraite (PER).

Un PER bien rémunéré, mais pas accessible à tous

Ce nouveau produit d’épargne lancé en 2019 peut être souscrit auprès des banques et des assurances. En trois ans, il a séduit plus de six millions de Français et récolté quelque 70 milliards d’euros. Et la tendance ne s’essouffle pas selon RMC. Rien qu’auprès des assureurs, environ 800.000 nouveaux PER ont été ouverts en un an pour un total de 3,7 millions. Il faut dire que la démarche est encouragée par le Gouvernement. Dans la première mouture de la réforme des retraites repoussée pour cause de pandémie, il était clairement inscrit que le PER devait inciter « les actifs à se constituer des revenus supplémentaires pour compléter leur retraite obligatoire ». Son taux tourne autour de 6 % ou 7 %. Il est donc largement au-dessus de la plupart des livrets réglementés. Un dépôt mensuel de 100 euros pendant une trentaine d’années permet de se constituer un complément de retraite d’environ 400 euros par mois, calcule RMC. Sans compter les avantages fiscaux.


Mais le PER a aussi ses limites et ses détracteurs. D’une part, il n’est pas forcément adapté à tous les profils et implique des frais à ne pas négliger. D’autre part, ce sont avant tout les plus aisés qui peuvent se permettre de l’alimenter. Ceux-là mêmes qui ont le moins besoin d’un complément de revenu. Selon Philippe Askenazy, économiste du travail et chercheur au CNRS, les pays ayant beaucoup misé sur la retraite par capitalisation voient donc les plus riches arrêter de travailler tôt grâce à ces revenus complémentaires, tandis que les plus pauvres doivent continuer de travailler. Un effet doublement pervers puisque cette main-d’œuvre est souvent la moins employable.