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Retraites complémentaires : comment combler le déficit et reconstituer les réserves ?

Les partenaires sociaux ont entamé des négociations autour du déficit des retraites complémentaires, le lundi 21 juin. Avec un but à long terme : reconstituer les réserves.

épargne retraite

Comment rééquilibrer les finances du régime de retraite complémentaire des salariés du privé ? A partir du lundi 21 juin, les partenaires sociaux vont examiner des leviers à actionner, afin de combler le déficit et assurer sur le long terme le versement des retraites complémentaires. Et, à plus long terme, de permettre à Agirc-Arrco de reconstituer des réserves financières. Malmenée par la crise du Covid-19, la caisse verse 80 milliards d’euros de pensions par an à 13 millions de retraités du privé. Gérée de manière paritaire par les syndicats et le patronat, ses comptes étaient pourtant revenus dans le vert en 2019, avant d’afficher un « résultat global » de l’ordre de – 4,8 milliards d’euros.

Anticipé il y a près d’un an, le déficit avait contraint le conseil d’administration d’Agirc-Arrco à exercer son « devoir d’alerte » en octobre dernier. Pour mémoire, celui-ci signifie que la caisse dispose de réserves financières représentant moins de six mois de pensions, sur quinze ans. Parmi les pistes étudiées pour reconstituer les réserves permettant de garantir le versement des retraites complémentaires, le patronat penserait à freiner la progression des pensions versées, indique Le Monde. Elles pourraient être bloquées un temps ou bien être revalorisées sans pour autant suivre la progression de l’inflation. Deux autres pistes devraient être étudiées pendant les trois semaines de négociations : la hausse des cotisations et le report de l’âge de départ, note Le Figaro.

Un bonus – malus pas suffisamment incitatif

Concernant la première piste, elle imposerait de revenir sur l’accord de 2019 qui prévoit une revalorisation indexée sur l’inflation. Et la deuxième « serait la spirale de la mort pour casser la relance », selon les dires du Medef au Figaro. En 2019, les partenaires sociaux ont déjà adopté un système de bonus – malus autour d’un âge pivot de 63 ans pour inciter les salariés du privé à retarder leur départ d’un an. Sinon, une décote de 10% est appliquée sur leur pension pendant 36 mois.

Jugé inefficace, le mécanisme devrait être réexaminé dans les semaines qui viennent. « Il n’a pas fait changer les comportements. Seulement 50% des gens sont partis un an plus tard, les autres sont partis avec la décote. Et cela n’a rapporté que 325 millions au régime », observe Frédéric Sève (CFDT). Le patronat estime, de son côté, que le système gagnerait en attractivité avec une décote plus longue ou plus dure.