Se connecter S’abonner

Agirc-Arrco : la revalorisation des pensions remise en cause pour préserver les réserves

Les pensions de retraite complémentaire pourraient être sous-indexées jusqu’à 0,5 point pendant deux ans, mais trois syndicats s’y opposent.

Avis de tempête sur le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco. Jeudi 22 juillet, les partenaires sociaux qui gèrent le régime de retraite complémentaire des salariés du privé se sont retrouvés pour discuter des moyens de préservation des réserves. Un cycle de négociations entamé le 21 juin dernier et qui vient de s’achever. La CFDT et la CFTC soutiennent un projet d’avenant à l’accord de 2019 qui prévoit de donner la possibilité au conseil d’administration de sous-indexer les pensions jusqu’à 0,5 point en dessous de l’inflation, deux années de suite. Cependant, les syndicats FO, CFE-CGC et CGT rejettent ce texte, rapporte le quotidien Les Echos.

Il s’agirait d’une dérogation temporaire, car les règles interprofessionnelles de 2019 prévoient que le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco puisse sous-indexer les pensions à 0,2 point. Le négociateur du Medef explique que le « contexte d’inflation (est) plutôt élevé ». Olivier Bogillot précise à nos confrères que l’impact serait de « peut-être quelques euros par mois ». Malgré la sous-indexation, les pensions seraient revalorisées de 0,9% si l’inflation est de 1,4%.

Les réserves se sont épuisées

Les comptes de l’Agirc-Arrco ont fortement chuté en raison de la crise sanitaire et les réserves se sont épuisées. Elles pourraient atteindre un niveau en dessous du seuil critique de six mois de prestations vers l’année 2029 si le rythme continue. Le patronat proposait une sous-indexation de 0,7 point en 2021-2022, pour atteindre 0,3 point en 2022-2023. Autre possibilité envisagée, une application de 0,5 point de moins pendant deux ans, de manière automatique. Le choix de la CFDT est plus souple, car il peut être réévalué en fonction des circonstances.

Tout n’est pas encore figé, puisque FO compte déposer « un avis négatif au bureau » lundi 26 juillet. « Nous avions signé en 2019, car l’accord prévoyait le maintien du pouvoir d’achat des retraités. Or le projet du Medef ne fait porter les économies que sur les retraités », s’indigne auprès des Echos Michel Beaugas, négociateur FO. Le syndicat demandait que, pendant deux ou trois ans, le seuil d’alerte des réserves d’Agirc-Arrco soit abaissé à quatre mois de prestations. Trois organisations syndicales s’opposent à l’avenant et la situation ne risque pas de s’apaiser. Le négociateur CFE-CGC s’en inquiète. « On est très loin de l’esprit de consensus qui a toujours prévalu à l’Agirc-Arrco », affirme Pierre Roger au journal. Le syndicat préconisait d’attendre la fin de 2022 avant de prendre une décision, en raison de la future réforme des retraites.