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« Réforme des retraites : premières orientations à mi-chemin des négociations »

Le gouvernement a remis un relevé de discussions du premier cycle de concertations aux partenaires sociaux et donné le « la » avant d’entamer le deuxième cycle. Revue de détail par Valérie Batigne, fondatrice et dirigeante de Sapiendo Retraite.

Valérie Batigne. Crédit : Sapiendo Retraite

Lancé avec une semaine de retard sur le calendrier initial, le 2ème cycle de concertations entre le gouvernement et les partenaires sociaux a démarré le 14 novembre. Au programme : solidarité et équité du système de retraites. Ce nouveau chantier succède au premier sur l’emploi des séniors et la prévention de l’usure professionnelle et précède le 3ème, prévu à partir de fin novembre, sur l’équilibre du système des retraites et le relèvement de l’âge légal de départ. Ces discussions devraient aboutir, mi-décembre, à des arbitrages du gouvernement en vue de soumettre un projet de loi au Parlement début 2023. Une réforme justifiée par une démographie défavorable à l’équilibre de notre système de retraites et des prévisions de baisse du niveau de vie des retraités.

Régimes spéciaux, minima de pensions et égalité hommes-femmes

Sur les 3 sujets du deuxième cycle de discussions, le ministre du travail, Olivier Dussopt, a déjà annoncé la couleur dans une interview accordé aux Echos le 14 novembre dernier :

-La retraite minimale pour une carrière complète s’établirait autour de 85 % du smic net.
-Les régimes spéciaux des industries électriques et gazières (IEG), de la RAPT, voire de la Banque de France seraient supprimés pour les nouveaux entrants sans toucher aux salariés actuels (clause du grand-père). Certains régimes spéciaux y échapperaient, (marins, danseurs de l’Opéra et de la Comédie Française…).


Sur la question de l’inégalité entre les hommes et les femmes, le ministre fait remarquer qu’il faut continuer d’agir en priorité sur les inégalités de carrière et de salaires. Sur ce point, rappelons que des mesures peu coûteuses pourraient aider à améliorer rapidement la retraite des femmes. Sapiendo a proposé 3 grands axes, « les 3I » : Informer mieux les salariées en intégrant une information retraite plus lisible sur leurs fiches de paie, Inviter à partager les points de retraite complémentaire au sein du couple, Inciter les femmes ayant interrompu leur carrière à reprendre une activité en majorant leurs points de retraite complémentaire (« boosters » de droits). »

Des avancées sur l’emploi des séniors et la pénibilité

Pour le ministre du travail, 3 mesures incontournables se dégagent des discussions :

La création d’un index senior. Le but : inciter les entreprises et mesurer leurs efforts en faveur de l’emploi des seniors. Leur taux d’emploi est en effet le plus faible des pays de l’OCDE : 75,1 % pour les 55-59 ans, mais seulement 35,5 % pour les 60-64 ans.
Le droit au congé de reconversion pour les salariés les plus exposés à l’usure professionnelle. Prévenir la perte d’emploi ou l’usure professionnelle passe par la formation, alors que les entreprises investissent deux fois moins pour les plus de 50 ans que pour les autres salariés.
La prise en compte de certains facteurs de pénibilité dits « ergonomiques ». Charges lourdes, positions pénibles et vibrations mécaniques, qui avaient disparu en 2017, pourraient refaire leur apparition.

A ces mesures s’ajouteraient l’évolution des dispositifs de retraite progressive, qui pourrait s’étendre aux fonctionnaires, et de cumul emploi-retraite, qui pourrait générer des droits supplémentaires à la retraite.