Electricité : vers une hausse exceptionnelle des tarifs Bleu d’EDF ?

Réévalués habituellement une fois par an ; les tarifs réglementés de l’électricité pourraient très bientôt subir une augmentation exceptionnelle. Explications.

2018 pourrait être une année exceptionnelle sur le front de l'évolution des tarifs réglementés de l'électricité. ©Istock

Les tarifs réglementés de l’électricité (TRV), c’est-à-dire-les tarifs Bleu d’EDF auxquels sont abonnés 27 millions de foyers français, subissent traditionnellement une évolution annuelle durant l’été, à la hausse ou à la baisse. Mais cette année, les consommateurs pourraient subir une double augmentation du prix de leur électricité : l’une dans les toutes prochaines semaines, l’autre, comme traditionnellement, au mois d’août. 

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La Commission de régulation de l’énergie (CRE) vient, en effet, de proposer aux ministres chargés de l’énergie et de l’économie une augmentation exceptionnelle de 0,7% en moyenne des tarifs réglementés de l’électricité appliqués aux particuliers, et de +1,6% pour les professionnels. Et ce « dès à présent ».

Une augmentation pour ne pas nuire à la concurrence

La CRE avance notamment la prise en compte dans les tarifs  de « la hausse de l’obligation pesant sur les fournisseurs en matière de certificats d’économies d’énergie (CEE) ainsi que l’évolution du tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (Turpe) à partir du 1er janvier 2018 ». Ce dernier, suite à une décision de justice obligeant les gestionnaires de réseau, comme Enedis (ex-ERDF), à rétribuer les fournisseurs d’électricité qui s’occupent pour eux de certains services de gestion, a été augmenté depuis le 1er janvier 2018.

Quant aux CEE, ce dispositif financé par les fournisseurs d’énergie pour promouvoir l’efficacité énergétique à travers des « primes » distribués aux consommateurs (ampoules gratuites, prise en charge d’une partie de travaux d’économies d’énergie…), leur coût flambe. En effet, les obligations fixées aux fournisseurs pour la période 2018 – 2020 sont près de deux fois plus élevées que celles de la période précédente. 

En clair, le régulateur souhaite que l’Etat, qui fixe les tarifs réglementés, intègre au plus tôt dans ceux-ci la hausse de ces coûts qui pèsent sur l’ensemble des fournisseurs d’électricité. Ceci, afin que les fournisseurs alternatifs (Direct Energie, Eni, Engie, Total Spring, ekWateur…), qui proposent des offres aux prix du marchés, ne se retrouvent pas défavorisés face à EDF et puissent donc continuer à proposer des offres compétitives par rapport aux tarifs Bleus.

Concrètement, les ministres concernés peuvent s’opposer à cette proposition du régulateur durant les trois prochains mois. S’ils ne le font pas, la hausse tarifaire sera actée, mais heureusement, ne sera pas rétroactive au 1er janvier. La dernière hausse des tarifs réglementés de l’électricité date d’août dernier. Elle a renchéri de 1,7% en moyenne et hors taxe, la facture des particuliers. . 

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