Retraités: 5 conseils pour alléger votre facture de mutuelle santé

Avec l’âge, se soigner coûte de plus en plus cher et, dès la retraite, la perte de la couverture entreprise plombe encore plus la facture. Découvrez cinq solutions pour payer moins pour votre santé.

Certains adages sont frappés au coin du bon sens. Il en est ainsi de celui qui dit que « la santé n’a pas de prix ». Nul ne songerait à le contester, et pourtant, côté financier, les inégalités sont flagrantes. Les retraités sont ainsi fortement pénalisés. D’abord, parce qu’avec l’âge les dépenses de santé augmentent. Ensuite, parce qu’une fois que l’on a quitté la vie active, il est impossible de bénéficier d’un contrat santé collectif d’entreprise, comme c’est le cas pour tous les salariés du secteur privé. Le manque à gagner est alors important. Ce type de « mutuelle » a, en effet, l’immense avantage de proposer dans la plupart des cas un excellent rapport garanties-prix, l’employeur prenant en charge une grande partie de la cotisation.

Pour couvrir ses pépins de santé, un senior doit donc choisir lui-même ses niveaux de couverture et les payer intégralement : 92 % des retraités sont dans ce cas de figure, selon le dernier rapport de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) : La Complémentaire santé. Acteurs, bénéficiaires, garanties (2016). Le senior va ensuite subir de plein fouet une tarification établie selon « son risque individuel de santé ». Autrement dit, plus il avance en âge, plus sa cotisation va augmenter. La facture s’élève en moyenne à 2 628 euros par an pour un couple dont les deux conjoints ont 60 ans, soit près de 220 euros par mois, d’après une étude réalisée fin 2017 par Meilleureassurance.com. Et ce n’est pas tout : il faut aussi tenir compte du reste à charge, c’est-à-dire ce qui subsiste après intervention de l’assurance maladie obligatoire et de l’assurance maladie complémentaire. Selon la Drees, cette somme est de 309 euros en moyenne par an pour les 66-75 ans et de 338 euros pour les plus de 75 ans. Heureusement, il existe des pistes simples à mettre en œuvre qui permettent de réduire la note.

Passez par les réseaux de soins: -10 à 30 %

Apparus il y a une vingtaine d’années, les réseaux de soins occupent aujourd’hui « une place importante dans les secteurs de l’optique et des audioprothèses », pointe un rapport de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) en date de juin 2017. De quoi s’agit-il ? De partenariats entre des assureurs et des professionnels de santé dont l’objectif est de mieux prendre en charge les soins ou les prestations traditionnellement mal couverts par l’assurance maladie obligatoire : équipements optiques, prothèses dentaires, prothèses auditives et, de façon plus marginale, médecines douces (ostéopathie…) et autres consultations de prévention (diététique…). Sur la base de ces partenariats, tout un réseau de professionnels est constitué, propre à chaque structure. Ces derniers se voient imposer, pour chaque type de soins ou d’équipements, un cahier des charges strict en termes de normes, de contrôles, de qualité et surtout de prix.

En passant par un professionnel référencé dans le réseau, le patient bénéficiera, en effet, de tarifs avantageux. C’est tout l’intérêt du dispositif. En optique, l’Igas a ainsi relevé un gain de prix moyen d’environ 20 % pour des verres adultes unifocaux ou multifocaux par rapport aux prix pratiqués par des opticiens non référencés. Les réseaux, eux, avancent des pourcentages plus importants : « Jusqu’à 40 % pour des verres complexes », annonce Jean-François Tripodi, directeur général de Carte Blanche Partenaires, qui précise, par ailleurs, que parmi les affiliés au réseau de soin « Neuf achats sur dix, tous assureurs et contrats confondus, ont aujourd’hui lieu auprès de nos opticiens partenaires ».

A ces rabais, qui permettent d’abaisser votre reste à charge, il faut ajouter un autre levier important : les incitations financières qui peuvent exister dans les contrats de certains organismes complémentaires d’assurance maladie (Ocam). Depuis janvier 2014, les mutuelles, et non plus les seuls assureurs, ont le droit de différencier leurs prises en charge en les améliorant si leurs adhérents consultent un professionnel de santé avec lequel ils ont conclu une convention. Mais tous les assureurs ne se sont pas engouffrés dans cette brèche et un certain nombre d’entre eux (Generali, Swiss Life…) conservent une unité tarifaire, quel que soit le professionnel de santé auquel on s’adresse.

D’autres, au contraire, « poussent » franchement leurs clients vers ces réseaux : leurs surplus de remboursement varient d’un contrat à l’autre et peuvent également, pour l’optique notamment, être fonction de l’équipement. Même principe, mais plus graduel, avec le contrat Référence de la MGEN : la prise en charge d’un verre progressif de forte correction sera de 120 euros si l’assuré s’adresse à un opticien non référencé et de 160 euros dans le réseau Optistya, soit une différence de plus de 30 % !

Pour les autres types d’équipement (prothèses dentaires ou auditives…), en revanche, de telles incitations financières n’existent pas. Il n’empêche : en vous adressant quand même à un praticien référencé — chaque assureur met à votre disposition des outils de géolocalisation —, vous aurez accès à d’autres avantages. Vous pourrez bénéficier de tarifs négociés en amont (à prestations égales, vous payerez donc moins cher en principe) mais, surtout, vous pourrez profiter d’une plus grande qualité de services.

Par exemple, un dentiste référencé par Santéclair doit obligatoirement vous indiquer le pays d’origine de la prothèse qu’il vous propose. Un audioprothésiste adhérent au réseau Itelis doit assurer le suivi de l’aide auditive vendue durant toute sa durée de fonctionnement et vous prêter un appareil en cas de panne ou de dysfonctionnement. S’adresser à un professionnel référencé vous permet enfin de bénéficier du tiers payant intégral : si le prix de votre équipement ne dépasse pas les tarifs agréés, vous n’aurez aucune avance de frais à faire. Des petits plus qui font la différence.

Traquez les  promotions des assureurs : -8 à 15 %

Le marché de la complémentaire santé est énorme : selon les chiffres dispensés par les trois familles d’assureurs présents sur ce secteur – institutions de prévoyance régies par le Code de la Sécurité sociale, sociétés d’assurance régies par le Code des assurances, mutuelles régies par le Code de la mutualité – , pas moins de 36,3 milliards d’euros de cotisations ont été encaissés en 2016 en France, dont 19,4 milliards pour les seuls contrats individuels.

De fait, pour conquérir de nouveaux clients, les assureurs se livrent régulièrement à des batailles commerciales dont vous pouvez tirer bénéfice. Comment ? En surveillant, en premier lieu, le timing des promotions, sachant que celles-ci se font plus nombreuses à partir du mois de septembre. Une période qui ne doit rien au hasard. La date d’échéance (ou date anniversaire) de la plupart des contrats santé individuels est fixée au 1er janvier de chaque année et, pour les résilier, il est impératif de faire parvenir à l’assureur une lettre recommandée avec accusé de réception au moins deux mois avant cette date.

Ensuite, intéressez-vous au contenu des cadeaux de bienvenue proposés pour toute nouvelle adhésion, car certains se révèlent plus profitables que d’autres. Ainsi, nombre d’assureurs offrent en général un mois de cotisation : la première année, vous n’aurez donc à débourser que onze mois sur douze. Une économie bonne à prendre, mais moins intéressante financièrement qu’une ristourne de 10 % sur la cotisation annuelle : pour une prime de 1 200 euros annuels (100 euros versés chaque mois), par exemple, vous obtiendrez 120 euros d’économies, contre 100 seulement avec un mois gratuit. Attention, toutefois, aux conditions requises : certains prestataires peuvent, par exemple, vous obliger à prendre un second contrat, soit de prévoyance (une assurance obsèques chez April, par exemple), soit d’assurance de biens (auto…).

Certains peuvent aussi vous pousser à adhérer non pas seul mais en couple (c’est souvent le cas auprès des mutuelles) ou bien à souscrire via Internet. Autre « carotte » à ne pas négliger : ponctuellement, vous pouvez trouver chez quelques assureurs (Allianz notamment) une réduction équivalente à deux mois de cotisation. Mais, pour y avoir droit, il faut conserver son nouveau contrat au moins deux années car la réduction n’est pas appliquée d’emblée mais astucieusement répartie entre la première et la seconde année d’adhésion !

Optez pour un contrat à tiroirs : -5 à 20 %

Pour réduire la facture santé, vous pouvez vous tourner du côté des contrats à « tiroirs ». Ces formules ne se contentent pas de vous proposer, de façon classique, différents niveaux ou formules de garanties qui vont crescendo sur l’ensemble des postes de soins couverts. Au contraire, elles vous permettent de renforcer les remboursements qui vous seront versés pour les soins dont vous avez vraiment besoin. Vous pouvez, dans une certaine mesure, à la souscription, et parfois ultérieurement, choisir un niveau de garantie affichant, par exemple, 100 % de la base de remboursement de la Sécurité sociale pour les consultations, les actes de radiologie, etc., et décider de booster tel ou tel autre poste de soins (dentaire, optique…).

Avec le contrat Santhia d’Aviva, par exemple, vous pouvez souscrire à différents packs optique et dentaire à partir de 4,50 euros par mois et par adulte, selon le niveau de renfort. Le contrat Mon assurance santé à la carte d’April a un fonctionnement similaire : ici, c’est à vous de compléter (ou non) votre niveau de garantie initial par des renforts offrant un meilleur confort à l’hôpital ou vous permettant de recourir davantage aux médecines alternatives, par exemple. Mais, attention, bien que séduisant dans l’esprit, ce type de contrat « à la carte » n’est pas systématiquement la panacée côté financier.

Pourquoi ? Parce que l’assureur sait parfaitement que le choix d’un renfort est on ne peut plus opportuniste et que vous allez forcément le « consommer » à un moment ou à un autre. Il n’est donc pas rare que ce type de contrat affiche finalement un tarif proche d’un contrat haut de gamme où tout est inclus ! Avant de succomber aux charmes d’une telle formule, assurez-vous de ne pas la payer plus cher. Pour cela, comparez poste par poste le niveau de remboursement, ce qui restera à votre charge et le prix final payé.

Autres types de « tiroirs » permettant de jouer sur la cotisation : ceux qui, à l’inverse, vous proposent certaines minorations de remboursements en toute connaissance de cause. Le contrat Ociane Santé Evolution de la Matmut dispose ainsi d’une option « Essentiel » qui permet d’abaisser, tous niveaux de garantie confondus, la cotisation annuelle de 20 %. Plus d’un senior sur deux la souscrit, selon Stéphane de Loze, directeur marketing d’Ociane Groupe Matmut, « car elle permet de faire des économies sur ce qui n’apparaît pas comme indispensable ou d’améliorer le niveau de garantie sur ce qui est important ».

La prise en charge des médicaments à service médical rendu modéré ou faible est alors fortement réduite ou disparaît totalement pour les médecines douces ou la chambre particulière en cas d’hospitalisation. Dans ce même esprit, les assurés qui acceptent une retenue de 2 euros pour tout remboursement d’un acte de soins (consultations, radios, pharmacie…) peuvent économiser 8 % sur leur facture annuelle avec le contrat d’April, soit 96 euros par an pour une cotisation globale moyenne de 1 200 euros à 65 ans.

Profitez des bonus : – 10 à 30 %

De plus en plus d’assurances santé complémentaires mettent à disposition des « bonus » qui ne sont rien d’autre que des surplus de remboursement dont il est possible de bénéficier sous certaines conditions. Le plus souvent, il vous suffit de rester adhérent de votre contrat plusieurs années de suite. Avec la Garantie Santé de la Macif, par exemple, cette prime à la fidélité, qui vaut pour de nombreux forfaits (couronne dentaire, bridge, verres simples ou complexes…), atteint 10 % chaque année, avec une limite fixée à 30 %. Pour obtenir les remboursements maximaux, vous devez par conséquent programmer vos soins la quatrième année et non avant.

Autre façon d’avoir une prise en charge majorée : accepter de ne pas consommer le forfait mentionné dans votre contrat pour des postes de soins précis durant une, deux ou trois années. Cette pratique est de plus en plus courante pour l’achat d’un équipement optique (monture + verres), sachant que, dans le cadre des contrats responsables, ce dernier n’est désormais pris en charge par l’assurance maladie obligatoire et les assureurs santé privés qu’une fois tous les deux ans.

Hors changement de vue important ou besoin impérieux de renouveler ses lunettes, en cas de casse notamment, vous bénéficierez, par exemple, d’un remboursement de 170 euros et non de 100 euros par verre complexe (en complément de celui du régime obligatoire) avec le premier niveau de garantie de la Complémentaire Santé de La Banque Postale si vous effectuez votre achat la troisième année. Avec le contrat Santé Confort MMA, le « Bonus Conso responsable » va dans le même sens. Il vaut toutefois à partir de la quatrième année et comporte une spécificité supplémentaire : il n’est accordé que si vous choisissez un opticien partenaire de Santéclair. En contrepartie, avec la formule de garanties la plus élevée, par exemple, vous pourrez percevoir 400 euros au lieu de 250 euros pour un équipement complet avec des verres simples et 550 euros au lieu de 350 euros avec des verres complexes.

Baissez les garanties en cas de maladie de longue durée : -10 à 40 %

Certaines pathologies (insuffisance cardiaque grave, diabète de type 1 ou 2, tumeur maligne…) sont considérées comme des affections de longue durée (ALD) car elles nécessitent un traitement prolongé et coûteux. Si vous faites partie des 10,4 millions de personnes du régime général de l’Assurance maladie suivies pour une ALD, vous êtes exonéré du ticket modérateur, quote-part usuellement remboursée par les assurances complémentaires santé.

Et si votre ALD représente la quasi-totalité de vos consultations et soins, penchez-vous sur votre complémentaire santé pour déterminer si elle est toujours adaptée. La raison ? La majorité de vos dépenses de santé sont dans ce cas prises en charge par l’Assurance maladie obligatoire. Vous n’avez donc plus besoin d’un contrat certes généreux, côté remboursements, mais d’autant plus coûteux que vous avancez en âge.

Si ce n’est déjà fait, pour réduire le coût de votre contrat, vous pouvez d’abord diminuer le niveau global de vos garanties. Par exemple, avec le contrat de La Banque Postale, si vous passez d’une prise en charge à hauteur de 230 % de la base de remboursement de la Sécurité sociale (prise en charge du régime obligatoire inclus) à 130 % (qui autorise également les dépassements d’honoraires, mais plus modestes) pour les consultations et l’imagerie médicale notamment, votre cotisation mensuelle passera de 161 euros à 85 euros si vous habitez Paris et avez 65 ans. Si vous avez 10 ans de plus, elle passera de 203 euros à 107 euros, soit presque deux fois moins ! De façon plus restrictive, vous pouvez aussi basculer vers un contrat qui assure une prise en charge minimale (limitée aux tarifs de convention de l’Assurance maladie).

Enfin, si vous souhaitez amoindrir véritablement votre budget santé, vous pouvez décider de n’assurer que le risque d’hospitalisation. Moins répandus, les contrats « hospi », au périmètre plus restreint, ont un prix plus contraint : comptez de 40 à 60 euros par mois en moyenne à 65 ans, selon le niveau des prestations, toujours en fonction de votre lieu d’habitation.

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