Les travailleurs frontaliers vont enfin toucher les allocations chômage du Luxembourg

Les travailleurs frontaliers français au Luxembourg qui ont connu des épisodes de chômage vont enfin pouvoir être indemnisés par le Pôle emploi local. Mais pas tout de suite.

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Le Luxembourg va devoir indemniser les chômeurs qui ne vivent pas sur son territoire, ont tranché jeudi les ministres du Travail de l’UE. Tout en lui accordant plus de temps pour le faire que les autres pays de l’Union. 

Les 28 ministres du Travail de l’UE ont adopté à Luxembourg, lors d’un vote à la majorité qualifiée (55% des Etats membres représentant au moins 65% de la population de l’Union) la révision du règlement sur la coordination des systèmes de sécurité sociale dans l’Union. 

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Le Grand-Duché, qui s’est abstenu et contestait le projet discuté, a obtenu un délai de sept ans pour mettre en œuvre ces nouvelles règles, contre deux ans pour tous les autres Etats membres de l’Union. Parmi les mesures décidées figure le paiement des allocations de chômage par le pays dans lequel ont travaillé les demandeurs d’emploi et non plus celui où ils résident.

Or le Luxembourg « est le seul Etat européen dont environ 40% de la main-d’oeuvre n’est pas du pays – il y a des Français, des Belges, des Allemands -« , a commenté Muriel Pénicaud, ministre française de l’Emploi. Il « a plus d’emplois que de main-d’oeuvre (…) et par conséquent il demande un délai pour la mise en œuvre du nouveau règlement », a-t-elle ajouté.

Une charge financière substantielle pour le Luxembourg

Actuellement, le service public de l’emploi luxembourgeois (Adem) traite les cas de 16.000 chômeurs environ, a expliqué à la presse le ministre luxembourgeois du Travail et de l’Emploi, Nicolas Schmit. Ce dernier estime que la mesure grossirait la demande de quelque 10.000 dossiers environ.

« Passer de 16.000 à 26.000 voire près de 30.000 (demandeurs d’emploi, ndlr.), c’est un saut quantitatif qui nécessiterait un saut qualitatif important que nous sommes incapables de réaliser dans un temps actuellement prévu de deux ans », a ajouté M. Schmit.

« C’est bien sûr une charge financière substantielle mais ce n’était jamais le problème principal », a expliqué une source ministérielle luxembourgeoise à l’AFP. « C’est plutôt la charge administrative », a-t-elle précisé.

Le Luxembourg revendique une approche proactive dans l’accompagnement des demandeurs d’emploi. Fin mai, le taux de chômage s’élevait à 5,6% selon l’office national des statistiques luxembourgeois (Statec).

Au Luxembourg, les allocations de chômage sont limitées à douze mois et s’élèvent à 80% du salaire brut avec un plafond à 5.000 euros environ.

En France par contre, les indemnités de chômage s’étendent sur 24 mois mais correspondant à 57% du salaire journalier de référence.

Selon une étude d’impact réalisée par la Commission européenne, cette mesure pourrait coûter 86 millions d’euros par an au Luxembourg.

Mme Pénicaud a promis de renforcer les coopérations entre les agences française et luxembourgeoise pour l’emploi (Pôle emploi et l’Adem), donnant l’exemple d’un travailleur frontalier lorrain qui pourrait vouloir chercher du travail aussi bien en France qu’au Luxembourg.

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