« Seulement » 361 millions d’euros ont été dépensés l’an dernier par les malfrats qui ont utilisé des cartes bancaires françaises volées, perdues ou piratées, s’est félicité l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement lors de la présentation de son rapport annuel. Ce qui représente un repli de 9,5% par rapport à 2016. Le montant total de la fraude enregistre ainsi sa deuxième année consécutive de baisse après le pic atteint en 2015 (416 millions d’euros fraudés).

Le nombre de cartes en circulation étant en augmentation, tout comme le nombre de transactions (paiements en magasins avec ou sans contact, sur Internet, retraits aux distributeurs), le taux de fraude a suivi la même pente : il s’établit à 0,054 % (contre 0,064% en 2016), soit « environ un euro de fraude pour 1 850 euros de transactions », détaille l’observatoire qui dépend de la Banque de France.

Mais, car il y a un mais, si le montant de la fraude baisse, un autre chiffre ne cesse de grimper : celui du nombre de cartes bancaires françaises ayant été ciblées. En effet, après une effarante envolée de +31% des cartes touchées par au moins une transaction frauduleuse en 2016, la tendance s’est poursuivie l’an dernier : plus de 1,21 million de cartes ont fait l’objet d’au moins une fraude. Soit une inflation de 6,5% par rapport à 2016. Mis bout à bout, en ne retenant que les deux dernières années étudiées, cela représente tout de même une augmentation de près de 40% ! Inquiétant. 

« Les voleurs doivent multiplier les tentatives de fraude »

« Cette hausse s’accompagne toutefois d’une baisse significative du montant unitaire des cas de fraude à 84 euros en 2017, contre 95 euros en 2016 », tente de rassurer l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement.  Le phénomène s’explique par une meilleure performance des mesures déployées pour sécuriser les paiements par carte ». Il s’agit, par exemple, de l’authentification forte du porteur de la carte lors des paiements sur Internet, par exemple avec le système 3D-Secure (question personnelle ou code envoyé par SMS), de logiciels bancaires capables de détecter si une transaction est douteuse ou encore d’alertes envoyées aux clients pour les alerter d’un achat important. Ce qui conduit à une désactivation plus rapide des cartes.

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Mais ce renforcement de la sécurisation des transactions ne dissuade pour autant pas les fraudeurs qui ont trouvé la parade : « multiplier les tentatives de fraude, tout en réduisant leur montant unitaire pour tenter d’échapper aux mécanismes de détection », explique l’observatoire. Pour y parvenir, l’usurpation de cartes via Internet reste la principale origine de la fraude : 66% en montant, contre 32% pour les fraudes consécutives au vol ou à la perte de carte. « Les techniques de fraude les plus utilisées pour usurper les numéros de cartes demeurent celles du hameçonnage (phishing) et des logiciels malveillants », détaille-t-il.

Ce qui l’amène à rappeler les conseils élémentaires pour sécuriser ses données bancaires en ligne : ne jamais stoker les numéros de la carte sur son ordinateur, ne jamais les envoyer par courriel, vérifier que le site est sécurisé (« https » dans la barre d’adresse), mais supprimer les e-mails ou SMS conduisant à indiquer ses coordonnées bancaires et enfin, protéger son ordinateur avec un antivirus et un pare-feu.