L’étude sur les niveaux de vie de l’Insee permet chaque année aux Français de comparer la situation économique de leur foyer par rapport à celle du reste de la population. Pour son édition 2018 qui porte sur l’année 2016, l’Insee a calculé que le niveau de vie médian (qui partage la population en deux : la moitié gagne plus et l’autre moitié gagne moins) est en hausse par rapport à 2015. Il s’élève à 20.520 euros annuels pour un célibataire, soit 1710 euros par mois.

Rapporté aux revenus d’un couple avec deux enfants (de moins de 14 ans), il correspond à un revenu disponible de 3591 euros par mois (43.090 euros annuels). Par revenu disponible il faut comprendre la somme de tous les revenus du foyer (d’activité, retraite, prestations sociales, pensions alimentaires, revenus du patrimoine…) diminuée des impôts directs (sur le revenu, taxes foncière et d’habitation, CSG, CRDS).    

Le niveau de vie médian a, en 2016, retrouvé son niveau d’avant la crise financière de 2008 (+0,9% en euros constants), souligne l’Insee. Dans le détail, il se révèle surtout marqué par la progression de celui des plus modestes.  

Les plus riches frappés par la baisse des allocations familiales

La décomposition des niveaux de vie par l’Insee permet de se situer encore plus finement. Vous faites ainsi partie des 10% des Français les plus riches si votre niveau de vie se situe au-dessus des 37.570 euros annuels (3130 euros par mois) pour une personne seule (78.897 euros annuels pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans). Mais il a stagné par rapport à l’année précédente.

En cause pour les 20% des Français qui se situent dans les plus hautes tranches : la modulation des allocations familiales en fonction des ressources et des impôts plus élevés à cause de revenus plus « dynamiques ». Quant aux 5% des plus aisés, leur niveau de vie a diminué en 2016 principalement en raison de la baisse des revenus du patrimoine : « en particuliers ceux générés par les assurances-vie du fait de la baisse des taux obligataires ».

Les ménages situés dans les tranches intermédiaires ont, eux, vu leur niveau de vie progresser grâce à la baisse de leur impôt sur le revenu « en raison du renforcement du mécanisme de la décote qui permet soit de diminuer le montant de l’impôt, soit de ne plus en payer » commente l’Insee.

De l’autre côté, les 10% des Français les plus modestes affichent un niveau de vie inférieur à 11.040 euros annuels pour une personne seule, soit 920 euros par mois. Mais il s’affiche en progression grâce à la mise en place de la prime d’activité le 1er janvier 2016. L’impact de la revalorisation de 2% du RSA le 1er septembre 2016 n’a, en revanche, pas produit d’effet « neutralisé par le changement de ses modalités de revalorisation et par la réforme des allocations logement ».

 

Niveau de vie médian selon le statut d’activité

 

2015

2016

Progression 2015 / 2016

Ensemble de la population

20 340€

20 520€

+0,9%

Actifs de 18 ans ou plus

21 840€

21 960€

+0,5%

Actifs occupés

22 550€

22 720€

+0,8%

   Salariés

22 540€

22 680€

+0,6%

   Indépendants

22 730€

23 190€

+2,0%

Chômeurs

14 090€

14 070€

-0,1%

Inactifs de 18 ans ou plus

19 590€

19 900€

+1,6%

Retraités

21 120€

21 510€

+1,8%

Autres inactifs (dont étudiants)

15 290€

15 420€

+0,9%

Enfants de moins de 18 ans

18 400€

18 500€

+0,5%

Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2015 et 2016.  Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un ménage dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n’est pas étudiante.