Budget auto: ce que vous coûte (et vous coûtera) la flambée des taxes sur l’essence et le diesel

A la remontée des prix du pétrole s’ajoute, à la pompe, des taxes qui ne vont cesser d’alourdir la facture pour les automobilistes. D’ici à 2022, leur augmentation va être vertigineuse, tant pour les consommateurs d’essence que de diesel.

Crédit: iStock.

La fiscalité écologique liée aux objectifs de transition énergétique portés par le gouvernement va à coup sûr rester en travers de la gorge des automobilistes. Elle a déjà démarré fort cette année avec l’augmentation conséquente des taxes sur l’énergie prévue dans le plan climat de l’ex-ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot. Une inflation qui va se poursuivre sur les chapeaux de roues au moins jusqu’en 2022. Essence, diesel, gaz, fioul domestique : aucun combustible fossile n’est épargné. Avec, à la clé, des dépenses contraintes qui gonflent pour les consommateurs finaux.

Illustration concrète avec les carburants sur la base d’une étude de l’association CLCV (consommation, logement et cadre de vie) qui s’alarme dans un communiqué de la baisse du pouvoir d’achat liée à la flambée de ces taxes après avoir calculé leur impact sur différents profils. Son constat, pour les conducteurs, le poids des taxes s’est accru de respectivement +13% pour une voiture essence et +26% pour en diesel en 10 ans.

En euros sonnant et trébuchants, l’augmentation est tout aussi significative. Exemple avec le propriétaire d’une voiture essence (SP95) roulant 12.700 km par an pour une consommation de 927,1 litres/an. Cette année, les taxes représenteront pour lui un surcoût de 50 euros par rapport à 2017.  Autre exemple avec un véhicule diesel parcourant le même nombre de kilomètres annuels et consommant 774,7 litres/an : le surcoût lié aux taxes atteindra 85 euros cette année. Quant aux couples détenant 2 voitures (diesel et essence), mécaniquement, la facture est encore plus considérable. La part des taxes qu’ils régleront cette année, allégera leur budget de… 140 euros. Ceci s’entendant hors prix des carburants dont la hausse est tirée par le renchérissement du baril de pétrole.

Les taxes sur le diesel et l’essence n’ont pas fini d’augmenter 

La ministre des Transports vient de le confirmer : le poids des taxes dans le budget carburant des ménages va suivre une pente ascendante. Sur RMC, Elisabeth Borne annoncé une hausse des taxes de 7 centimes sur le diesel et 4 centimes sur l’essence l’an prochain. Ceci dans le cadre de la « trajectoire carbone pour tenir compte de la pollution des carburants fossiles ». Cette « trajectoire » traduit en fait la montée en puissance de la taxe carbone qui est une des principales composantes de la Taxe Intérieure sur la Consommation de Produits Energétiques (TICPE). Cette taxe (elle-même soumise à la TVA) frappe toutes les énergies fossiles et représente, peu ou prou 60% du prix total des carburants.

Le montant de la TICPE est fixé chaque année, dans la loi de finance. Celle de 2018 contenant déjà des projections jusqu’en 2022 de l’envolée de la TICPE (voir tableau ci-dessous). La loi de finance 2019, qui doit être présenté en Conseil des ministres lundi prochain, pourrait prévoir des montants révisés à la hausse. Ce qui se traduirait par une augmentation pus conséquente du prix des carburants pour les conducteurs.   

Évolution de la TICPE sur l’essence et le diesel entre 2018 et 2022 (€/litre)

 

2018

2019

2020

2021

2022

Evolution 2018 – 2022

Gazole

0,594

0,647

0,701

0,754

0,783

+31,82%

Essence SP95-E5

0,682

0,706

0,73

0,754

0,778

+14,08%

Essence SP95-E10

0,662

0,686

0,71

0,734

0,758

+14,50%

Source : loi de finances 2018

Interrogé sur France Inter, le Premier ministre  a justifié le relèvement de la fiscalité pesant sur les carburants d’une drôle de manière : « Parce que nous avons fait le choix de baisser l’impôt sur le travail et d’augmenter l’impôt sur la pollution ». Edouard Philippe reconnaît toutefois que cette décision n’est pas sans conséquence pour certains, « notamment pour les personnes qui habitent loin de centre-villes » et rappelé qu’il existe des aides pour compenser la perte de pouvoir d’achat comme le chèque énergie et la « prime à la conversion » lors de l’achat d’un véhicule moins polluant.

Des arguments qui ne convainquent pas l’association 40 millions ‘automobilistes qui a choisi d’interpeller l’exécutif en invitant les conducteurs envoyer leur facture de carburant au Président de la République accompagné d’une lettre téléchargeable pour « dire stop au coup de pompe ». 

 

 

 

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