Les sanctions financières envisagées contre les entreprises dans le cadre des négociations sur l’assurance chômage ne visent pas les « contrats courts » en tant que tels mais les « entreprises qui remettent tout le temps les mêmes personnes au chômage », a expliqué mardi la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Faudra-t-il augmenter les cotisations patronales pour les entreprises qui emploient trop de contrats courts ? « Non, ce n’est pas le contrat le sujet », a répondu la ministre sur RMC-BFMTV. « C’est les entreprises qui remettent tout le temps les mêmes personnes au chômage », a-t-elle précisé. « Le contrat court, parfois c’est le tremplin pour le CDI », a défendu la ministre, qui a dénoncé les entreprises qui embauchent « sept fois de suite la même personne » et le recours excessif à ce type de contrat.

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Les contrats courts (CDD ou intérim) représentent aujourd’hui « 9 offres d’emploi sur 10 », a rappelé la ministre, et « 8 milliards d’euros de déficit » pour l’Assurance chômage.  « Il faut changer les règles » pour qu’elles incitent les chômeurs « au retour à l’emploi et responsabilisent, donc sanctionnent le cas échéant, (les employeurs) qui abuseraient » du système, a insisté Muriel Pénicaud. « Soit les partenaires sociaux trouvent une solution (…) soit (…) nous prendrons nos responsabilités », a-t-elle prévenu.

Près de 4 milliards d’euros d’économies en 3 ans

Interrogée par ailleurs sur une possible dégressivité des allocations chômage pour les hauts salaires, la ministre a fait valoir que « tout le monde n'(était) pas égal face au chômage », les cadres s’en tirant mieux que les personnes non qualifiées, selon les bassins d’emplois. « Les règles sont les mêmes qu’on soit qualifié ou pas qualifié, que ce soit difficile ou pas de trouver un travail, est-ce que c’est normal ? » s’est interrogée la ministre, disant attendre la « réponse » des partenaires sociaux.

Le gouvernement a réclamé fin septembre que la future négociation sur l’assurance chômage, qui doit aboutir d’ici quatre mois, permette de réaliser de 3 à 3,9 milliards d’euros d’économies en trois ans.

Le Medef, qui participera à la négociation, a déjà fait savoir qu’il s’opposerait à une augmentation des cotisations patronales et à tout projet de bonus malus sur les contrats courts.