L’Ordre des médecins a annoncé lundi avoir mis en demeure la société Qare, spécialisée dans les offres de télémédecine, pour « faire cesser ses campagnes publicitaires », les jugeant « fallacieuses » et contraires aux règles d’exercice de la profession. La décision a été prise lors d’une session plénière « les 27 et 28 septembre », précise dans un communiqué l’Ordre, soucieux de combattre « toute tentative de publicité commerciale et d’ubérisation » de la santé.

Dans sa ligne de mire, des encarts apparus dans des quotidiens nationaux à l’occasion de l’entrée en vigueur de la prise en charge de téléconsultations (consultations effectuées à distance, via un ordinateur ou une tablette équipée d’une caméra) par l’Assurance maladie le 15 septembre. « Ces publicités sont fallacieuses quant à l’intégration des services proposés dans le parcours du soin pour tous les patients – et donc à leur prise en charge par l’Assurance maladie », estime l’Ordre.

Derrière le slogan « Satisfaits et remboursés », la start-up Qare, lancée en France fin 2017, y annonce que « les téléconsultations médicales sont remboursées (…) comme les consultations effectuées en cabinet », sans préciser les limites de ce remboursement.  Elle assure par ailleurs s’intégrer dans le « parcours de soins » de ses utilisateurs.

Des téléconsultations pas toujours remboursées

Or pour s’inscrire dans un parcours de soins, et ainsi être remboursée dans les meilleurs conditions par la Sécurité sociale, la téléconsultation « doit passer par le médecin traitant du patient », sauf exceptions rappelées sur le site internet de l’Assurance maladie (consultations de spécialistes en accès direct comme les gynécologues, situation d’urgence, etc.) 

Contacté par l’AFP, la start-up Qare, qui dit collaborer avec une centaine de praticiens libéraux, a concédé que sa communication pouvait porter à confusion et qu’elle avait « déjà prévu de cesser » les campagnes incriminées. « On aurait pu être plus adroit », a reconnu son cofondateur, le Dr Alexandre Maisonneuve, jugeant toutefois le terme fallacieux « un peu fort ». Il réfute en outre « l’ubérisation » dénoncée par l’Ordre, soulignant que sa société fait appel à de « vrais médecins ».

L’année dernière, l’Ordre avait porté plainte contre une mutuelle « pour distorsion de concurrence » après la diffusion d’une campagne publicitaire pour des téléconsultations.