[MAJ] Votre smartphone ne marche plus ? Dites merci Free !

Des centaines smartphones achetés d’occasion en magasins ou auprès de particuliers sont devenus inutilisables du jour au lendemain. A l’origine : une désactivation à distance menée par Free.

Un smartphone avec lequel on ne peut ni téléphoner, ni envoyer de SMS ou de MMS ? Au matin du 1er novembre dernier, des centaines (voire des milliers) de propriétaires de mobiles ont eu cette désagréable surprise.  Qu’ils soient chez Sosh, Orange, SFR, qu’ils aient un iPhone ou un Android de Huawei, Samsung ou Motorola, même constat : réseau introuvable, leur smartphone n’est plus bon à rien.

La cause de ce blackout téléphonique ? Free. L’opérateur a en effet décidé, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, de désactiver à distance tous les smartphones de son service de location non restitués par leurs locataires. Rien de plus simple pour Free : il lui a suffi de blacklister l’IMEI des appareils, c’est-à-dire leur numéro d’identité, propre a chacun, pour les rendre inutilisables.

Sauf que ces smartphones ont souvent changé de mains entre temps : achetés d‘occasion dans des grandes enseignes, dans des magasins spécialisés dans les produits de seconde main ou entre particuliers sur des sites d’annonces, leurs nouveaux propriétaires ne savaient rien de leur passé de téléphone « détourné ».

Si certains vendeurs ont clairement exploité les failles du système, comme revendre le smartphone juste après sa réception sans honorer les mensualités de la location, tous n’étaient pas malintentionnés. « Je n’ai pas fait attention aux conditions générales de vente lorsque je l’ai loué, témoigne l’un d’entre eux que le groupe Facebook Free m’a Blacklisté, qui compte aujourd’hui plus de 1800 membres. J’ai donné 200 € pour acquérir plus 22 € par mois depuis 4 ans, le téléphone me coûte une blinde. » Sauf que le système de location de Free ne contient pas d’option d’achat : une fois la période de location terminée, le smartphone doit être renvoyé à l‘opérateur, ce que beaucoup n’ont pas fait. Ils détiennent ou ont donc vendu un mobile qui ne leur appartient pas.

Les magasins d’occasions en première ligne

Les victimes, qui ont acheté en toute bonne foi leur smartphone, souvent sur la base de factures, n’ont souvent plus que leurs yeux pour pleurer. Free reste inflexible sur le blacklistage et leur conseille d’aller porter plainte contre la personne leur ayant vendu l’appareil. D’autres ont plus de chance, notamment ceux passés par des magasins d’occasion. Happy Cash échange ainsi sans ciller les appareils. L’enseigne a même annoncé sur le site Universfreebox qu’elle comptait déposer plainte contre Free pour mesure « abusive voire frauduleuse » . Cash Converters, dénonce, quant à lui, dans un communiqué, une opération « aussi stupéfiante qu’implacable ». Ses magasins offrent aussi la possibilité à ses clients victimes d’échanger leur smartphone bloqué contre un modèle identique ou équivalent, mais « en fonction des stocks ».  

Autre parade trouvée par les blacklistés : changer d’opérateur. Un choix réduit à Bouygues Telecom qui restait jusqu’alors le seul à autoriser la connexion au réseau des smartphones touchés. Contacté par Mieux Vivre Votre Argent, l’opérateur qui dit avoir enregistré un « afflux soudain et inhabituel de numéros IMEI à blacklister » a confirmé qu’il allait à son tour appliquer le blacklistage sur les smartphones « détournés » de Free « incessamment sous peu ».  

Sur le groupe Facebook créé par ces propriétaires lésés, l’entraide s’organise. Une pétition a été lancée et un député sollicité (du Doubs, Eric Alauzet, LREM) s’est engagé à interpeller le ministre de l’Economie  et des Finances au travers d’une question écrite « pour obtenir des réponses tant sur les cas spécifiques évoqués (le blacklistage de certains smartphones) que sur les évolutions législatives et réglementaires possibles concernant le secteur de l’occasion ».

Si Free est tout à fait dans son droit de désactiver les smartphones qui lui appartiennent et qui ne lui ont pas été restitués (conformément aux conditions générale de vente de son offre de location), la méthode interroge. En effet, de nombreuses victimes qui témoignent sur les réseaux sociaux ont acheté leurs smartphones il y a plusieurs années, parfois il y a 2, 3 ou 4 ans ! Ce qui soulève de multiples questions sur l’absence de réaction de Free  : pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour blacklister ces appareils, combien de smartphones sont réellement concernés ? Free n’a pour l’instant apporté aucune précision.

Plusieurs site permettent de vérifier si votre smartphone est touché par le blacklistage de Free (www.imeipro.info, https://igotoffer.com/check-imei…). Pour obtenir le numéro IMEI, il suffit de composer * # 06 # sur le clavier de votre smartphone et lancez l’appel pour qu’il s’affiche.

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