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Des « gilets jaunes » créent une « délégation » officielle et publient leurs revendications

Une délégation de huit "communicants officiels" des "gilets jaunes" a été créée pour engager une "prise de contact sérieuse et nécessaire" avec les autorités et porter une série de revendications.

Credit:FRED SCHEIBER/SIPA

Une « délégation » de huit « communicants officiels » des « gilets jaunes » a été créée pour engager une « prise de contact sérieuse et nécessaire » avec les autorités et porter une série de revendications, annonce un communiqué publié lundi. Après avoir consulté ses sympathisants sur Facebook, cette délégation adresse « deux propositions principales » au gouvernement: « revoir à la baisse toutes les taxes » et créer « une assemblée citoyenne » pour débattre de la transition écologique, de la « prise en compte de la voix des citoyens », de l’augmentation du pouvoir d’achat ou encore de la précarité, est-il indiqué. « L’unique volonté est que l’ensemble de ces propositions soient soumises à un référendum populaire », ajoute le texte publié après un nouveau week-end de mobilisation et à la veille d’une intervention d’Emmanuel Macron visant à détailler et expliquer un « pacte social » d’accompagnement de la transition écologique. Ces revendications vont de la suppression du Sénat à la baisse des charges patronales en passant par une hausse du smic et des retraites. « Nous demandons aux représentants de l’Etat et du gouvernement de nous recevoir dans un délai raisonnable. A défaut de rencontre ou de propositions sérieuses lors de cet éventuel échange, les actions se poursuivront et se renforceront », préviennent-ils.

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Pas de leader mais des « porteurs de messages »

Ces huit porte-paroles, parmi lesquels figurent notamment deux des initiateurs du mouvement originaires de Seine-et-Marne Eric Drouet et Priscillia Ludosky, ne sont que des « porteurs de messages et (…) pas des leaders et des décisionnaires », précise le texte. Interrogée sur cette initiative à l’issue du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a assuré être « ouvert » au dialogue tout en posant des limites. « Si les propositions reviennent à demander la dissolution de l’Assemblée nationale, la démission du président de la République (…), j’ai peur que nous ne puissions y répondre favorablement ». 

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L’exécutif fait face depuis une dizaine de jours à un mouvement de contestation spontané contre la hausse des prix du carburant, qui s’est progressivement élargi à une dénonciation plus globale des taxes et a donné lieu à des manifestations et des opérations de blocages à travers la France. Une première journée de mobilisation nationale, le 17 novembre, a réuni 282.000 personnes, selon le ministère de l’Intérieur. Une deuxième, samedi, a rassemblé plus de 106.000 personnes, notamment sur les Champs-Elysées où des échauffourées ont éclaté. La coordination des « gilets jaunes » rappelle dans son communiqué que « toutes formes de blocages complets et de violences ne sont pas représentatives du mouvement ». « Nous les condamnons fermement », ajoute-t-elle.