Nouveau recul à venir sur les factures de gaz

En pleine crise du pouvoir d’achat, les tarifs du gaz réglementé vont reculer une nouvelle fois en janvier. Et ce, dans des proportions intéressantes pour les plus gros utilisateurs qui l’utilisent pour se chauffer.

Crédit: iStock.

Voici une bonne nouvelle qui tombe à pic en pleine crise du pouvoir d’achat : grâce au reflux des prix du pétrole auquel il est intimement lié, le prix du gaz réglementé facturé à 4,4 millions de clients d’Engie va refluer à partir du 1er janvier. « Ces baisses s’expliquent par la diminution des prix d’importation observés sur les marchés de gros » précise la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

Par rapport aux tarifs pratiqués en décembre, les tarifs réglementés du gaz vont donc reculer de 1,9% en moyenne et hors taxes vient d’annoncer la CRE. Dans le détail, tous les consommateurs ne seront pas impactés de la même manière. Les plus gros utilisateurs, c’est-à-dire ceux qui utilisent le gaz pour se chauffer (tarif B1), vont économiser 2% sur leur consommation. La baisse sera plus modeste que les autres : 0,6% pour ceux qui utilisent le gaz pour la cuisson (tarif Base) et 1,2% pour ceux ayant un double usage cuisson et eau chaude (Tarif B0).

Ce repli est le second consécutif après les -2,4% du mois de décembre. Une inversion de tendance bienvenue alors que le gaz de ville régulé a connu une forte poussée de fièvre en 2018, enregistrant une hausse ininterrompue 7 mois durant. Ces augmentations ne seront malheureusement pas compensées par ces replis, les tarifs réglementés du gaz ayant, par exemple, progressé de +9,2% en moyenne en juillet, +3,3% en octobre ou +5,8% en novembre.

Les 22% d’augmentation de taxe ajournés

Sujet délicat, la flambée de la facture énergétique, qui regroupe à la fois les carburants, le fioul, l’électricité et le gaz, a été le déclencheur du mouvement des gilets jaunes. L’annulation de la hausse des taxes sur le carburant ainsi que le gel des tarifs du gaz de l’électricité ont d’ailleurs été les premières mesures annoncées pour calmer la grogne par Edouard Philippe. Toutefois, l’exécutif n’a toujours pas précisé de quelle manière il comptait s’y prendre pour empêcher les prochaines hausses. Et si tous les consommateurs allaient être concernés : ceux restés aux tarifs réglementés que seuls peuvent proposer EDF pour l’électricité et Engie pour le gaz, ou ceux qui ont signé chez un concurrent à une offre aux prix de marché (Direct Energie, Eni, Altergaz…).

Agir sur les tarifs réglementés, notamment de l’électricité, est très risqué : les décisions de gel sont systématiquement attaquées par les concurrents des fournisseurs historiques. Ainsi, celui décidé par Ségolène Royal entre le 1er novembre 2014 et le 31 juillet 2015 a finalement été annulé par le Conseil d’Etat et les clients obligés de rembourser 1 milliard d’euros par le biais de factures de rattrapage.

Le gouvernement pourrait ainsi agir sur les taxes. Pour le gaz, par exemple, la Taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel (TICGN), qui comme l’essence et le diesel, intègre la contribution climat énergie, CEE (la fameuse taxe carbone), aurait dû augmenter de 22% dès le 1er janvier 2019. Et ce pour l’ensemble des consommateurs, au tarif réglementés ou pas. La hausse de la taxe a été ajournée et restera au même niveau qu’en 2018.

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