Autoroutes : une ristourne pour les conducteurs réguliers (mais les tarifs des péages vont augmenter)

Le gouvernement a obtenu des sociétés autoroutières qu’elles fassent un geste pour les conducteurs réguliers.

Le gouvernement a obtenu de la part des sociétés autoroutières que celles-ci fassent un geste sur leurs tarifs pour préserver le pouvoir d'achat des automobilistes. ©Istock

Faute de pouvoir empêcher une hausse des péages le 1er février, le gouvernement a obtenu des sociétés autoroutières qu’elles fassent un geste pour les conducteurs réguliers: ils auront 30% de réduction à partir de dix allers-retours par mois.

Les contrats très stricts liant ces sociétés à l’Etat prévoient une augmentation automatique des tarifs des péages tous les ans, en fonction notamment de l’inflation et des chantiers entrepris sur le réseau. Cette année, la hausse annoncée est de 1,8% à 1,9% en moyenne.

Mais l’échéance du 1er février tombant particulièrement mal en pleine contestation des « gilets jaunes », la ministre des Transports Elisabeth Borne avait demandé un geste aux sociétés autoroutières -notamment Vinci Autoroutes, la Sanef (groupe Abertis) et les Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (Eiffage)- pour « prendre en compte les préoccupations des Français sur le pouvoir d’achat ».

« Nous avons eu des discussions intenses ces derniers jours et nous sommes parvenus aujourd’hui à un effort très significatif de la part des sociétés concessionnaires. (…) C’est un effort très conséquent de plusieurs dizaines de millions d’euros », a indiqué Mme Borne à des journalistes.

« C’est un effort inédit, parce qu’il est supporté entièrement par les sociétés concessionnaires sans aucune contrepartie, sans aucune compensation d’autres usagers ni aujourd’hui ni demain, et sans aucune compensation de l’Etat », a insisté la ministre.

Quel gain pour l’automobiliste ? Le ministère des Transports fournit un exemple

Un automobiliste effectuant dix allers-retours par mois entre Saint-Omer et Lens, sur l’A26 dans le Pas-de-Calais, a ainsi dû payer 84 euros par mois de péages en 2018. Avec le nouvel abonnement, il n’aura plus à payer que 60,20 euros après le 1er février, selon un exemple fourni par le ministère des Transports.

Les nouveaux abonnements ciblent particulièrement les déplacements du quotidien, dont les allers-retours domicile-travail, y compris pour les personnes travaillant à mi-temps.

Dans la pratique, ils seront accessibles, dès le 1er février et sans limite de durée, à tous les particuliers usagers réguliers effectuant un itinéraire entre deux points déterminés, et ce sans limitation de distance, selon le ministère. 

Ces nouveaux abonnements seront payants

Réservés aux conducteurs de voitures particulières et de deux-roues, ils viendront compléter les formules d’abonnements locaux déjà existantes pour les trajets domicile-travail périurbains. Les automobilistes bénéficiant déjà des abonnements locaux à tarifs préférentiels seront libres de les conserver ou de souscrire aux nouvelles offres. 

Il convient de noter que ces nouveaux abonnements pourront être payants, mais leur prix sera plafonné à 2,50 euros par mois.

« Il y a potentiellement près d’un million de Français qui sont concernés par cette offre sur l’ensemble du réseau », a relevé Elisabeth Borne. 

Plus que des gestes commerciaux ciblés, les sociétés autoroutières auraient préféré troquer un gel des tarifs des péages contre un allongement de leurs concessions, selon un responsable du secteur. Mais le ministère des Transports a rejeté cette solution, d’autant qu’elle aurait exigé une procédure complexe passant par le Parlement et Bruxelles. 

Les automobilistes paient encore le rattrapage du gel des tarifs des péages de 2015

Le gouvernement a également écarté un gel des péages qu’il faudrait rattraper ultérieurement, comme l’avait décidé l’ancienne ministre de l’Ecologie Ségolène Royal -dont Elisabeth Borne était à l’époque directrice de cabinet- en 2015.

« En 2015, il y a eu une promesse démagogique de baisse des tarifs et donc c’est répercuté; encore cette année, les automobilistes vont payer cette promesse parce que ce ne sont pas ceux qui font les promesses qui paient, ce sont les automobilistes », a attaqué le ministre de l’Ecologie François de Rugy, jeudi au Sénat.

Le rattrapage du gel de 2015 compte encore pour 0,25 point de pourcentage dans l’augmentation des tarifs prévue cette année. Elisabeth Borne a par ailleurs à nouveau exclu toute renationalisation des sociétés autoroutières.
« S’il faut renationaliser, aujourd’hui c’est 50 milliards, et je pense que vous comprendrez que nous n’avons pas 50 milliards d’euros », a-t-elle dit.

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