De nouvelles aides pour changer de chaudière

Pour aider les ménages à changer leurs chaudières au fioul, le gouvernement a renforcé les aides et mis les fournisseurs de gaz et d’électricité à contribution, qui y voient aussi un moyen de promouvoir leur énergie.

Le gouvernement a renforcé l'aide permettant aux foyers de remplacer leur chaudière au fioul ou leurs vieux équipements de gaz et charbon par des systèmes moins polluants comme les pompes à chaleur (PAC), les chaudières biomasse ou les chaudières gaz très performantes . ©Istock

Le gouvernement a renforcé l’aide permettant aux foyers de remplacer leur chaudière au fioul ou leurs vieux équipements de gaz et charbon par des systèmes moins polluants à base d’énergies renouvelables: pompes à chaleur (PAC), chaudières biomasse, chaudières gaz très performantes ou système solaire combiné. 

L’objectif est de convertir 600.000 des 3 millions de logements individuels chauffés au fioul, énergie qui « a prospéré car elle a un coût d’investissement plus bas que les autres techniques de chauffage », a avancé le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy, en détaillant le dispositif, censé combler cet écart de prix.  

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L’aide existante est ainsi désormais accordée à tous les ménages, quels que soient leurs revenus, et les primes accordées via le mécanisme des certificats d’économie d’énergie (CEE), ont été augmentées à 4.000 euros pour les ménages très modestes et modestes. Elles sont de 2.500 euros pour les autres.

En cumulant cette aide avec les autres dispositifs existants (aide de l’Anah, crédit d’impôt de 30%, etc.), l’objectif est de réduire un maximum le reste à charge pour les ménages, notamment les plus modestes, sachant qu’une pompe à chaleur coûte en moyenne 12.000 euros et une chaudière biomasse à granulés environ 15.000 euros.

Des coups de pouces supplémentaires des opérateurs privés

Pour cela, le gouvernement a dû mobiliser les grands énergéticiens français et les acteurs des CEE pour qu’ils facilitent la tâche des ménages en faisant pour eux les démarches « galères » — selon le ministre du Logement Julien Denormandie – d’obtention de toutes ces aides. Il les a incités à ajouter un coup de pouce supplémentaire (prêt bonifié, avance du reste à charge, sur-prime, etc.) pour que la promesse d’une chaudière à 1 euro pour les plus modestes puisse être tenue.

Autour des deux ministres, étaient présents jeudi EDF, Total, Engie et le groupe de services énergétiques Effy. Obligés de financer des travaux d’économie d’énergie via les CEE, les grands énergéticiens ont ainsi dévoilé des offres spécifiques. 

EDF propose une sur-prime et un crédit bonifié pour l’installation de pompes à chaleur, Engie offre lui de prendre à son compte le reste à charge pour les ménages modestes, une fois déduites les aides, pour toute installation d’une chaudière à gaz très performante.

EDF, Engie et Total dans les starting-blocks

Sans surprise, chacun défend son énergie, et compte bien glaner de nouveaux clients: EDF concentre ses aides sur les pompes à chaleur électriques, tandis qu’Engie finance pour l’instant des chaudières à gaz très performantes, même s’il compte élargir son dispositif. 

« Notre offre est accessible sur tout le territoire, car l’électricité est partout », a ainsi défendu Henri Lafontaine, directeur du pôle clients, services et action régionale d’EDF. Une manière à peine voilée de marquer son avantage face à au gaz, dépendant du raccordement au réseau des habitations pour s’imposer dans un logement.

Une bataille dont le géant Total semble vouloir se démarquer: « Total ne favorise aucune énergie. Nous accompagnerons les ménages vers la meilleure source d’énergie qui leur convient », en fonction notamment de leur situation géographique, a insisté Alexis Vovk, président de Total Marketing France.

La part de l’électricité est particulièrement importante en France, l’Etat ayant historiquement poussé cette énergie en même temps qu’il construisait des centrales nucléaires. Et selon Nicolas Doré, du service Bâtiment de l’Ademe, l’électricité devrait tirer son épingle du jeu: « Les gens qui ont des chaudières au fioul sont plutôt éloignés du réseau de gaz et basculent plutôt vers la PAC (pompe à chaleur). C’est déjà ce qu’on observe comme bascule aujourd’hui ».

Les vendeurs de fioul, réunis au sein de la fédération FF3C accusent eux le gouvernement de « sacrifier le fioul » et les 1.200 entreprises qui en vivent, avec ce dispositif financé par le système des CEE dont le coût est largement répercuté par les fournisseurs d’énergie sur leurs prix. Ils tentent de promouvoir le bioliquide de chauffage, intégrant 10 à 30% de colza.

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Réactions et commentaires

03/02/2019 at 12:39
van-everdingen

Bonjour ;
Une analyse comparative des prix du matériel , à produits identiques , et des installations dans les différents pays européens pourrait être judicieuse .
En France , les avantages fiscaux semblent être confisqués par les intermédiaires
Merci de votre attention

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