Ce que cache le beau rendement de 4% promis par la fintech Yeeld

Le « compte épargne mobile » de la fintech Yeeld se présente comme « la première alternative au livret A ». Et promet 4% de rendement.  Mais qu’est-ce que ça veut dire exactement ?

Crédit: iStock.

Après Bruno ou Piggou, voici Yeeld une nouvelle tirelire mobile qui permet « d’épargner sans s’en rendre compte ». Le principe ? Après avoir téléchargé l’application, enregistré justificatif d’identité et de domicile puis rattaché un ou plusieurs comptes bancaires détenus dans d’autres établissements (banques de réseaux, banques en ligne, néobanques…), la fintech promet « des solutions d’épargne mobiles innovantes, indolores et gratuites avec un rendement immédiat de 4% ». Et s’érige en « première alternative au livret A ».

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Mais que cache cette promesse alléchante ? Yeeld propose plusieurs systèmes « d’épargne » automatiques, notamment l’arrondi. Avec lui, chaque achat effectué avec une carte bancaire rattachée à l’appli est arrondi à l’euro supérieur. Yeeld se chargeant de prélever le solde sur le compte courant de l’utilisateur. Ce dernier peut alors être versé sur des « capsules », c’est-à-dire des tirelires que l’on peut créer à volonté, pour mettre de côté en vue des prochaines vacances ou de l’achat de sa future voiture. Exemple : pour une boisson en terrasse payée 3,60 euros, 4 euros seront débités au total dont 0,40 euro par Yeeld. Mais il faut toutefois cumuler au moins 5 € d’arrondi avant de les voir apparaître dans l’appli. Yeeld propose aussi de l’épargne automatique, équivalente aux versements programmés paramétrables en deux clics dans n’importe quelle banque.

Un seul moyen de dépenser son argent sans frais

Passons au point qui interpelle : le « rendement immédiat de 4% ». Un rendement que nul établissement bancaire n’est en mesure de proposer pour des placements sans risque et liquides au vu de la faiblesse des taux. Comment fait donc Yeeld ? Evidemment, il y a un loup : n’imaginez pas que comme avec n’importe quel livret d’épargne, vos économies feront des petits dont vous pourrez disposer à votre guise. Car ce taux alléchant n’est en fait qu’une remise accordée par le seul et unique partenaire de Yeeld : Amazon. Concrètement, pour utiliser votre cagnotte sans frais, il n’y a qu’un moyen : acheter un chèque cadeau du géant du e-commerce. Lequel sera bonifié de 4%. 100 euros mis de côté donneront donc 104 euros à dépenser sur le site. Sympa pour les clients du site mais sans aucun intérêt pour les autres qui pourront leur préférer les systèmes de cash-back (e-commerce+ magasins physiques) développés par Capital Koala ou eBuyClub.

Une épargne qui vous coûte

Yeeld permet tout de même de vous réapproprier l’argent économisé. Soit par un virement vers le compte courant d’un autre établissement, soit en utilisant sa carte bancaire (paiement et retraits aux DAB). Gratuite quand elle est virtuelle (pour des achats sur internet), elle est tout de même facturée 9,90 euros pour sa version plastique à utiliser en magasins. Mais les frais ne s’arrêtent pas là ! Chaque montant transféré ou dépensé par carte subit une commission de 1,80% prélevée par Yeeld [la commission a finalement été supprimée depuis mars 2019, Ndlr], pour maximum 5 euros. C‘est donc très cher payé pour utiliser sa propre épargne !

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Cette « alternative au livret A » n’est donc pas un si bon plan que ça. D’autant qu’y abriter son argent ne rapporte strictement rien. Zéro étant toujours moins que les 0,75% servis par le livret A, le LDDS ou l’encore mieux rémunéré livret jeune.  Heureusement, les alternatives à Yeeld ne manquent pas. Le placement automatique des arrondis des achats existe depuis longtemps chez Monabanq (La carte qui épargne) ou chez LCL (Option System’Epargne). Les néobanques comme N26 ou Revolut proposent déjà des tirelires non rémunérées que l’on peut débloquer instantanément et sans frais.

Enfin, continuer à alimenter son livret A, son LDDS ou son livret jeune reste toujours une bonne option. Vous constituer une épargne de précaution, peu rémunérée, certes, mais non fiscalisée et disponible à tout moment, peut même être un jeu d’enfant en optant pour des versements automatiques à programmer depuis n’importe quelle appli bancaire pour des versement à  partir de 10 euros. Le tout gratuitement !

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