Electricité: l’Autorité de la concurrence critique la hausse programmée des tarifs

L’Autorité de la concurrence se mêle de l’augmentation prochaine des tarifs réglementés de l’électricité. Selon son analyse, l’autorité juge que les arguments avancés ne sont pas cohérents avec les objectifs poursuivis par les tarifs réglementés de l’énergie.

Sans s'opposer à la hausse sur le principe, l'Autorité de la concurrence juge que les arguments avancés par la CRE ne sont pas cohérents. Crédit: iStock.

La forte hausse prochaine des tarifs réglementés de l’électricité, récemment confirmée par le gouvernement, n’est pas bienvenue en l’état actuel des arguments avancés par le régulateur, ces derniers revenant à protéger artificiellement les fournisseurs alternatifs, a prévenu lundi l’Autorité de la concurrence.

« L’Autorité de la concurrence déconseille d’augmenter les tarifs réglementés de vente sans clarifier au préalable les objectifs qu’ils doivent poursuivre », a déclaré l’institution dans un communiqué.

Le gouvernement a confirmé vendredi que les tarifs réglementés de l’électricité, appliqués par EDF à quelque 28 millions de clients, augmenteraient en juin de 5% à 6%, suivant ainsi une recommandation formulée quelques semaines auparavant par la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

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Cette annonce, qui intervient après un gel des tarifs pendant l’hiver dans le contexte du mouvement social des « gilets jaunes », a suscité des critiques au sein de l’opposition, la responsable d’extrême droite Marine Le Pen évoquant notamment une « honte ».

L’autorité de la concurrence demande un réexamen de la méthode

Sans s’opposer à la hausse sur le principe, l’Autorité de la concurrence juge que les arguments avancés par la CRE ne sont pas cohérents avec les objectifs a priori poursuivis par les tarifs réglementés de l’énergie. En effet, le régulateur de l’énergie n’a pas tant justifié la hausse par les coûts de production pour EDF que par la montée générale des cours de l’électricité.

La hausse des tarifs réglementés revient donc à égaliser la situation entre distributeurs, c’est-à-dire EDF lui-même et les groupes alternatifs qui disposent d’un accès limité au parc nucléaire de l’électricien dominant.

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« Cela a pour conséquence de faire supporter la charge financière aux consommateurs plutôt qu’aux fournisseurs et semblerait donc contraire à la volonté du Parlement de proposer aux consommateurs des tarifs réglementés permettant de leur restituer le bénéfice de la compétitivité du parc nucléaire historique », avance l’Autorité de la concurrence,

« L’application de cette méthode traduirait un changement de nature des tarifs réglementés de vente de l’électricité en France qui consisterait à les transformer en un prix plafond du marché de détail », détaille-t-elle, appelant le gouvernement à préciser le rôle qu’il veut donner à ces tarifs.

A plus court terme, l’Autorité demande au gouvernement de réexaminer avant le 7 mai la manière dont il compte relever les tarifs. Elle lui recommande de demander à la CRE une nouvelle recommandation, explicitant mieux les enjeux financiers pour les différents distributeurs.

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