Comment fonctionne Mobilib’, le nouveau système d’autopartage lancé par la ville de Paris

Plus de 1.200 voitures électriques ou thermiques en partage à terme dans les rues de Paris: après les couacs d’Autolib’, lourdement déficitaire, la municipalité lance un nouveau service d’autopartage avec l’aide de 4 opérateurs.

Le nouveau service Mobilib’ doit permettre de « développer les alternatives à la possession d’un véhicule individuel » et « contribuer à la lutte contre la pollution atmosphérique », a annoncé lundi la Ville dans un communiqué.

« Cette offre vient en complément des 1.500 véhicules électriques déjà à disposition en flotte libre à Paris », a détaillé la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo, dans un message sur Twitter.

Depuis la fin du contrat à l’été 2018 qui liait la mairie de Paris au groupe Bolloré, et la disparition des voitures électriques partagées Autolib’, plusieurs offres se sont développées dans la capitale (Car2Go, Renault, PSA ou Citroën).

Deux systèmes d’autopartage

« Autolib’ est progressivement remplacé par deux systèmes d’autopartage: un système en trace directe (on prend un véhicule au point A et on le laisse au point B), et un système en boucle (on prend un véhicule au point A et on le laisse au point A) », rappelait à l’AFP l’adjoint à la mairie de Paris chargé des Transports, Christophe Najdovski.

Les petites voitures Autolib’, dessinées par le styliste italien Pininfarina, avaient été mises à la disposition des Parisiens puis des Franciliens en 2011 dans le cadre d’un accord entre le constructeur, une société du groupe Bolloré, et un syndicat mixte composé de 103 communes franciliennes.

Depuis la résiliation du contrat en juin 2018, le groupe Bolloré réclame une indemnité de 235 millions d’euros, qui correspond au déficit estimé sur les années d’exploitation, augmenté du coût de la résiliation anticipée. Une somme que le syndicat conteste.

Les 4 opérateurs choisis pour assurer le service Mobilib’ – Ada, Communauto, Drivy et Ubeeqo – ont commencé à installer leur flotte, avec 1.213 places dont 500 seront réservés aux « véhicules thermiques et hybrides » et 713 aux « voitures électriques et hybrides rechargeables », précise la mairie de Paris.

Il existe d’ores et déjà 300 véhicules en service, une offre qui sera portée à 600 fin mai, et 1.213 au 1er septembre.

Comme pour les quelque 4.000 Autolib’ (qui étaient lourdement déficitaires et qui ont disparu des rues de Paris en juillet 2018), les usagers de ces nouveaux véhicules devront les prendre et les déposer dans une des bornes consacrées et réservées de la capitale.

« Faire oublier l’échec d’Autolib' »

Le fondateur et PDG de Drivy, Paulin Dementhon, souhaite ainsi « offrir l’opportunité d’utiliser un véhicule en toute liberté, lutter contre la congestion et la pollution, tout en s’affranchissant des contraintes inhérentes à la détention d’un véhicule individuel ».

Cette flotte sera constituée de voitures appartenent au réseau, et non de véhicules de particuliers, assure l’entreprise dans un communiqué.

« Fin 2019, ce sont au total près de 1.100 véhicules qui seront mis à la disposition des Parisiens par Ubeeqo, pour promouvoir un mode de déplacement soucieux de l’environnement », s’est réjoui de son côté le groupe.

« L’autopartage est le prolongement naturel de la location de véhicules », poursuit par ailleurs Caroline Parot, présidente du directoire du groupe Europcar Mobility, auquel appartient Ubeeqo.

Satisfait, le chef de file des écologistes à la mairie de Paris, David Belliard, estime que « l’autopartage en boucle permettra réellement de diminuer le nombre de voitures individuelles à Paris, et donc l’encombrement de nos rues et la pollution de l’air ».

Même son de cloche du côté de la mairie de Paris, convaincue que « le développement du service de véhicules partagés offre une alternative à la possession d’un véhicule personnel ».

« A moins d’un an des élections municipales, Madame Hidalgo essaie de faire oublier l’échec d’Autolib », a ironisé auprès de l’AFP le président du groupe PPCI (macronistes de droite), Pierre Auriacombe, fustigeant une offre insuffisante. « On parle de 1.000 véhicules pour plus de 2 millions d’habitants, ce n’est pas à la hauteur des enjeux ! »

Rédaction Mieux Vivre avec AFP

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Rédaction Mieux Vivre avec AFP

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