Ma French Bank de La Banque Postale: ce qui plaît… et ce qui fâche

Après deux ans de gestation, la banque mobile de La Banque Postale est sur le point de voir le jour. Malgré la concurrence, Ma French Bank veut se démarquer en allant plus loin que les services essentiels des néobanques. Décryptage.

Ma French Bank intègre toutes les fonctionnalités pratiques insufflées par les néobanques. Crédit: Ma French Bank.

Après deux ans de travail et 100 millions d’euros d’investissement, ça y est : La Banque Postale est sur le point de lancer sa banque mobile. Présentée cette semaine,  Ma French Bank verra officiellement le jour le 22 juillet prochain pour le grand public, après un mois de rodage entre les mains de « postiers » qui pourront la mettre à l’épreuve dès le mois de juin.

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Ma French Bank se positionne entre les banques en ligne (Boursorama, Fortuneo, ING, Orange Bank…) et les néobanques. C’est un compte accompagné d’une carte Visa internationale à autorisation systématique, donc sans découvert possible, accessible sans avoir à justifier de ses revenus. Il pourra être ouvert en une dizaine de minute depuis l’application mobile de la banque (2 pièces d’identité demandées) ou dans 2.000 bureaux de poste auprès d’un agent dédié (avec 1 pièce d’identité). Dans le premier cas, la carte est envoyée par courrier au domicile du souscripteur (dans les 48 à 72h), dans le second cas, il repart avec. Un versement initial de 50 euros sera demandé dans les deux cas pour que le compte devienne pleinement opérationnel.

Ma French Bank Carte Visa

Pas de gratuité mais des frais calibrés

A l’image des comptes à peu de frais lancés par le Crédit Agricole (Eko) et les Caisses d’Epargne (Enjoy), celui de Ma French Bank sera facturé 2 euros par mois. A ce prix « pas de mauvaise surprise » garantit l’établissement qui n’a pas encore dévoilé sa plaquette tarifaire. On sait toutefois qu’aucun frais ne sera prélevé lors de voyages à l’étranger, y compris lors de retraits aux distributeurs. Autre service inclus : le tout nouveau virement instantané par SMS qui permet d’envoyer ou de recevoir de l’argent en un claquement de doigts à partir d’un numéro de mobile.

Ma French Bank intègre aussi toutes les fonctionnalités pratiques insufflées par les néobanques : affichage en temps réel de toutes les opérations, catégorisation automatique des dépenses, paiement mobile avec Apple Pay, partage de dépenses communes entre proches ou cagnotte gratuite. L’application intègre même la plateforme de financement participatif KissKissBankBank (rachetée par la Banque Postale en 2017) pour soutenir des porteurs de projets et suivre leur avancement sans quitter l’interface.

Ma French Bank concentre les services 2.0

Comme les très populaires solutions d’épargne développées par N26 ou Revolut, Ma French Bank comportera une tirelire destinée à mettre de l’argent de côté pour fiancer vacances ou dépenses programmées et imprévues. Elle pourra être alimentée automatiquement et instantanément de plusieurs façons : arrondi de chaque paiement par carte, pourcentage de chaque dépense ou virement automatique d’un montant fixe programmé.  Seul regret, comme chez les néobanques, cette tirelire ne rapportera rien et ne protégera donc pas de l’inflation. Mais il se pourrait que l’établissement intègre à l’avenir des solutions d’épargne rémunérées. « Tous les 6 mois, l’offre Ma French Bank sera enrichie avec de nouveaux services ou produits », précisait à ce propos Alice Holzman, la directrice générale de Ma French Bank, lors de la conférence de présentation.

Deux points qui chiffonnent

Si ma French Bank veut pousser à épargner, elle permettra aussi de dépenser plus. C’est une première dans une banque mobile : sur la page d’accueil de l’application, en bonne place juste à côté de la tirelire (voir photo ci-dessous) figure « Mon extra prêt » qui permet de débloquer, comme son nom l’indique, une somme d’argent à crédit. Le tout « en un clic avec versement instantané sur le compte ».

Problème ce prêt n’est pas un prêt affecté (travaux, voiture…) ou personnel, mais un crédit renouvelable dont les taux peuvent atteindre de sommets (autour de 20%) ! Interrogée sur la question, la banque nous a précisé que les « taux pratiqués seraient inférieurs à ceux pratiqués ailleurs », sans plus de précision. Ce type de crédit est à manier avec précaution, notamment pour les foyers qui seraient tenter de piocher souvent dans cette réserve d‘argent facile d’accès et qui, mal utilisée peut conduire à des situations de surendettement.

Autre regret, le fait que Ma French Bank ne permette aucune opération (remise de liquide ou de chèque) ou aucune rencontre en bureau de poste, ce qui l’aurait positionnée au coude à coude avec le compte Nickel des buralistes (et propriété de BNP Paribas). Les clients de la banque mobile pourront toutefois compter sur un service client spécial, basé à Lille, pour répondre à toutes leurs interrogations par téléphone ou depuis l’application 6 jours sur 7 de 8h à 22h.

Ma French Bank ambitionne de réunir au moins 1 million de client en 5 ans pour atteindre le point mort, et vise en particulier les 18 – 35 ans.

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