Vente directe d’abricots : une norme va rendre cette pratique impossible ou presque

La Confédération paysanne fustige une décision de l’interprofession des fruits et légumes qui impose, pour la vente directe d’abricots, des impératifs que les producteurs ne peuvent pas respecter.

La saison de l'abricot est sur le point de débuter. Crédit : GILE MICHEL/SIPA

La vente directe d’abricots du producteur au consommateur sera bientôt impossible ou presque, du fait d’une norme trop coûteuse pour être appliquée par les paysans, a dénoncé mardi la Confédération paysanne, pointant du doigt l’interprofession des fruits et légumes.

Alors que la saison de l’abricot est sur le point de débuter dans les campagnes françaises, Interfel (interprofession) a voté mardi une norme qui impose à la vente directe d’abricots « les règles de calibrage et d’emballage actuellement en vigueur pour les détaillants », affirme la Confédération Paysanne.

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Cette norme suppose pour les paysans « de s’équiper en matériel de calibrage coûteux et de sceller tous les abricots à confiture dans des emballages fermés », dénonce le syndicat agricole dans un communiqué. Interfel n’était pas joignable dans l’immédiat pour commenter ces informations.

« Ces dispositions constituent une attaque contre la vente directe, véritable îlot de survie pour de nombreux producteurs qui tentent d’échapper au marasme des circuits longs. Elles vont en effet entraîner une augmentation du temps de travail et des investissements supplémentaires inutiles », déplore la Confédération paysanne.

Des prix au plus bas

« Pour l’année qui se dessine, il y a eu peu de gel », explique André Bouchut, représentant de la Confédération paysanne à Interfel, lequel « ne serait pas surpris que les prix restent très bas » et peinent à rémunérer les producteurs, comme l’an dernier.

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« Si rien n’est fait, on va aller vers un déséquilibre énorme en abricots. Dans la Drôme, on va arracher des abricotiers. Tout ce qu’on arrache, c’est replanté en Espagne », craint-il. Avec son syndicat, il réclame la mise en place en Europe de « prix minimum d’entrée », soit l’interdiction pour un pays voisin d’exporter ses produits en dessous d’un certain prix.

Une manière d’atténuer les écarts de prix dans un secteur où la main-d’œuvre représente facilement 50% du coût. La Confédération paysanne a également pointé du doigt les autres syndicats agricoles, « pourtant prompts à dénoncer le poids des normes », qui ont, selon elle, voté la mesure incriminée.

Les détaillants, qui font également partie de l’interprofession, qui réunit l’ensemble des acteurs de l’amont à l’aval, « trouvent ainsi (…) l’occasion de voir contenter leur demande d’étendre cette norme à la vente directe », conclut la Confédération paysanne, qui craint « de nouvelles attaques contre les producteurs de fruits et légumes ». 

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