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Substances toxiques et perturbateurs endocriniens: les produits cosmétiques sont loin d’être inoffensifs

L’UFC-Que choisir a décortiqué la composition de 171 produits cosmétiques du quotidien. Les produits les moins chers ne sont pas forcément les plus nocifs.

Nimes, le 18 decembre 2014. L’autorite francaise de la concurrence a prononce ce jour des amendes de 950 millions d’euros contre treize fabricants des secteurs de l’entretien, de l’hygiene et de la cosmetique. Ces enseignes se seraient entendues sur les prix entre 2003 et 2006. Colgate-Palmolive, Henkel, Unilever, Procter & Gamble, L’Oreal et Gillette font partie des societes qui auraient coordonnnÃ’ leurs politiques commerciales et notamment sur les hausses des prix./LODIFRANCK_070105/Credit:FRANCK LODI/SIPA/1412190706

Une bonne occasion de faire le ménage dans nos salles de bain. L’association de consommateurs UFC-Que choisir s’est penchée sur les produits cosmétiques que nous utilisons tous les jours. Pour cela, elle peut compter sur la base de son application de comparaison « QuelCosmetic » qui comporte près de 170 000 références.

Lobbying des industriels

L’association relève que 143 « substances préoccupantes » sont encore autorisées du fait de « la lenteur des procédures européennes et du lobbying des industriels ». Ce qui fait que des perturbateurs endocriniens comme le propylparaben se retrouvent dans le lait hydratant Mixa intensif peaux sèches anti-dessèchement. Ou encore des substances toxiques comme le (accrochez-vous) butylphenylmethylpropional sont présents dans la crème de soin hydratante Nivea soft.

Alors que la France veut l’évincer des produits alimentaires, le dioxyde de titane, lui, prolifère dans l’industrie cosmétique. L’UFC-Que choisir relève qu’il se trouve dans près de 7 000 produits cosmétiques présents dans sa base de données dont certains représentent un risque d’ingestion comme les dentifrices, les baumes et rouges à lèvres.

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Vers une interdiction ?

Ceci dit, la bataille conte le dioxyde de titane dans l’alimentaire n’est pas forcément gagnée : « Mais alors que les autorités européennes examinent actuellement la conformité de cette mesure au droit européen, il n’est pas exclu que celles-ci obligent la France à ré-autoriser ce colorant nocif », écrit l’UFC.

L’association démontre aussi que les produits les moins chers ne sont pas forcément les plus nocifs et que les fabricants peuvent se passer de ces composés. Ainsi, le shampooing Labell 2-en-1 abricot de chez Intermarché est un produit « bon marché » et inoffensif. Pour une peau hydratée, l’UFC conseille la crème Hydreane légère de la Roche Posay alors que la crème pour peau grasse Eau précieuse matifiante purifiante contient trois perturbateurs endocriniens « avérés ou suspectés ».

L’UFC-Que choisir demande aux autorités européennes d’interdire le plus rapidement possible les substances les plus à risque.