S’arrêter à la barrière du péage d’autoroute sera bientôt un lointain souvenir

Le système, qui fonctionne avec la plaque d’immatriculation du véhicule, est déjà en test. Supprimer les barrières nécessitera des investissements importants qui risquent d’être répercutés sur le prix des péages.

Avec les portiques automatiques, le ticket d'autoroute aura complètement disparu. Crédit: Istock

Les péages d’autoroute ont déjà connu des évolutions depuis leur construction : avec la disparition des personnels de caisse, le paiement s’est automatisé. La prochaine étape, c’est supprimer l’arrêt, en enlevant la barrière. L’autoroute ne sera pas gratuite pour autant…

Scan automatique

Actuellement, des tests sont menés sur trois péages : à Boulay-Moselle sur l’A4, à Tours Nord sur l’A10 et à Tonnay-Charente sur l’A387. Comme le relate Le Républicain lorrain, les automobilistes n’ont plus à s’arrêter et franchissent un portique à une vitesse de 50km/h. Doté de dix caméras, d’antennes et de trois lasers, le système détecte les véhicules, détermine de quelle catégorie ils relèvent, scanne le badge Liber-T des abonnés ou relève la plaque d’immatriculation des automobilistes non abonnés.

Après deux mois de service, certains usagers du péage de Boulay ne voient pas le gain de temps : « Pour moi qui ne souhaite pas communiquer mes coordonnées, ni payer sur Internet, ce péage est une perte de temps. Je dois sortir de mon véhicule, aller jusqu’à la borne, revenir à mon véhicule car je ne me souviens plus du numéro de ma plaque d’immatriculation », explique l’un d’eux. Pour d’autres, ce système pousse les gens à s’abonner. La possibilité de régler son péage (hors abonnement) sur Internet est possible. Et en cas de non-paiement, une amende de 20 euros par passage pourra être infligée.

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Qui payera ?

Ce système de péage sera étendu fin 2021/début 2022 à l’A13, l’autoroute de Normandie, avec dans un premier temps le tronçon Paris-Rouen, relève Le Figaro. La loi d’orientation des mobilités (Lom) actuellement en discussion au Parlement définira un cadre juridique pour la pérennisation de ces aménagements.

D’autres problèmes sont aussi à régler : le président de Vinci autoroutes Pierre Coppey a annoncé fin mai devant la commission de l’aménagement du territoire du Sénat que la fin des barrières de péage coûterait au moins un milliard d’euros. Un investissement que les exploitants d’autoroute comptent bien compenser par une augmentation des péages ou un allongement des concessions. L’Etat n’a pas encore pris sa décision.

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