Les Français restent prudents malgré les dégradations de radars

Un radar hors service ne signifie pas forcément une hausse de la délinquance routière. Une étude sur la vitesse des conducteurs à proximité de radars hors d’usage a été réalisée.

Les recettes des radars ont diminué en 2018. Crédit: Gile MICHEL/SIPA

Est-ce que les automobilistes n’hésitent pas à accélérer quand ils passent devant un radar manifestement dégradé et hors d’usage ? Visiblement non, selon une enquête qu’a menée le magazine Auto plus et dont BFM se fait l’écho.

Peu d’excès de vitesse

Pour mener cette étude, le magazine a procédé à la réalisation de 2 000 contrôles de vitesse, en se positionnement à proximité de radars hors-service, tout en étant correctement dissimulé pour ne pas influencer les conducteurs dans leur comportement. Les tests ont été effectués sur plusieurs routes aux caractéristiques différentes.

Dans ces conditions, peu d’excès de vitesse verbalisables ont été constatés. La vitesse moyenne observée sur les routes limitées à 80km/h était de 77km/h et 3,2% des excès de vitesse constatés pouvaient donner lieu à un procès-verbal. Concernant les voies rapides limitées à 110 km/h et les autoroutes à 130km/h, la vitesse moyenne constatée est respectivement de 103 km/h et 123 km/h. Aucun excès de vitesse pouvant donner lieu à une contravention n’a été constaté sur ces routes.

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Manque à gagner

Qu’est-ce qui explique la sagesse des conducteurs ? La thèse du changement des comportements n’est pas à exclure. La hausse des prix des carburants pourrait être aussi une explication, en se montrant sage sur l’accélérateur. Une vitesse réduite, c’est moins de carburant consommé.

La conséquence de ces radars dégradés, ce ne serait pas une hausse des comportements à risque, mais une perte de recettes dans le budget de l’Etat. D’après des chiffres de la Cour des comptes, les radars ont rapporté 864,3 millions d’euros en 2018, soit 139,22 millions d’euros de moins par rapport à 2017 ; alors que l’Etat s’attendait, avec l’introduction de la limitation à 80km/h, à ce que les recettes grimpent à 1,1 milliard d’euros.

Les recettes des contrôles routiers devraient encore baisser de 455 millions d’euros en 2019. Reste la question de remettre en état les radars dégradés, ce qui impliquerait un effort financier de la part de l’Etat alors que la possibilité qu’ils soient de nouveau dégradés reste forte.

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