Chômage: les conditions pour toucher des allocations vont se durcir

Le durcissement des conditions est la principale mesure d’économie avancée par Mureil Pénicaud dans le cadre de la réforme de l’assurance chômage.

Selon le plan présenté à Matignon avec le Premier ministre Édouard Philippe, il faudra à partir du 1er novembre avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois - au lieu de quatre mois sur 28 - pour accéder à l'assurance chômage. Crédit : Istock

Le durcissement des conditions pour toucher des droits au chômage est la principale mesure d’économies de la réforme présentée mardi par l’exécutif, représentant près de 2,85 milliards d’euros soit plus des trois quarts de l’effort total, a détaillé mardi la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Selon le plan présenté à Matignon avec le Premier ministre Édouard Philippe, il faudra à partir du 1er novembre avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois – au lieu de quatre mois sur 28 – pour accéder à l’assurance chômage.

Les conditions de « rechargement » des droits seront également durcies: il faudra avoir travaillé six mois au lieu d’un mois pendant sa période de chômage pour voir son indemnisation prolongée d’autant.

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Ces deux mesures représentent une économie de 2,85 milliards d’euros sur la période cible de trois ans (2019-2021), a expliqué la ministre, interrogée lors d’une conférence de presse sur le coût détaillé des mesures présentées.

La nouvelle formule de calcul des allocations, qui vise à éviter qu’il soit plus intéressant d’alterner périodes de chômage et d’emploi plutôt que de travailler de manière continue à temps partiel, devra elle rapporter 590 millions d’euros sur trois ans, selon la ministre.

Dégressivité actée pour les hauts salaires

Quant à la dégressivité des allocations pour les salariés qui gagnaient plus de 4.500 euros brut par mois, elle doit permettre de réaliser 210 millions d’euros d’économies d’ici fin 2021. Pour aboutir à l’objectif officiel de 3,4 milliards d’euros d’économies nettes sur trois ans, la ministre a en revanche retranché les mesures « d’accompagnement » du gouvernement, dont le coût atteint 350 millions d’euros. Il s’agit notamment de 1.000 recrutements pendant trois ans à Pôle emploi pour mieux accompagner les chômeurs.

Les leaders syndicaux ont vivement critiqué les mesures dévoilées mardi, Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, et Catherine Perret, de la CGT, parlant d’une réforme « profondément injuste ». Quant au patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, il a regretté la mise en place du bonus-malus sur les contrats courts, une mesure « inefficace qui découragera l’emploi » et traduit une « vision punitive » de l’économie, un avis partagé par la confédération des petites et moyennes entreprises.  Mais le leader patronal a jugé que la réforme allait « dans le bon sens » concernant le volet indemnisation.

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