Le gouvernement veut transférer 4.000 fonctionnaires en province pour « remettre les troupes au plus près du terrain »

Dans le cadre de la réforme de l’administration, l’exécutif veut renforcer les effectifs des fonctionnaires au niveau local.

"Il faut être davantage présent là où ça se passe que là où ça se pense" avec "plus de rameurs et moins de barreurs", a justifié M. Darmanin. Crédit: iStock.

Près de 4.000 fonctionnaires transférés de Paris en province, 40 petites structures administratives et une centaine de commissions diverses supprimées ou fusionnées, lancement des sites internet d’évaluation des services publics: l’exécutif a détaillé jeudi une nouvelle vague de décisions de sa réforme de l’administration, lors d’une réunion de ministres à Matignon.

Ces 4.000 transferts, destinés à « remettre des troupes au plus près du terrain après la crise des « gilets jaunes », font suite à une circulaire d’Edouard Philippe début juin et concernent pour l’heure essentiellement l’administration fiscale et les armées, a indiqué le ministre des Comptes Publics Gérald Darmanin. Ils ne sont qu’une première étape et leur nombre sera renforcé dans les prochains mois, selon Matignon.

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« Il faut être davantage présent là où ça se passe que là où ça se pense » avec « plus de rameurs et moins de barreurs », a justifié M. Darmanin à l’issue de ce comité interministériel de la « transformation publique » présidé par le Premier ministre.

La Creuse, l’ex-bassin minier du Nord Pas-de-Calais, Châlons-en-Champagne…

L’exécutif veut privilégier les implantations locales, les futures maisons de service public « France Services », ainsi que des villes petites moyennes en difficulté, et éviter au maximum les métropoles régionales, a expliqué M. Darmanin, citant comme exemple la Creuse, l’ex-bassin minier du Nord Pas-de-Calais, ou encore Châlons-en-Champagne.

Ces transferts, qui doivent se faire « sur la base du volontariat » et donneront lieu à des concertations sociales, devraient en pratique débuter à partir de 2020, selon Matignon. Cette politique est une des réponses de l’exécutif à la crise des « gilets jaunes » et ses alarmes sur la désertification du service public et les difficultés de nombreuses villes petites et moyennes.

La circulaire d’Edouard Philippe s’attaquait également aux petites structures administratives de moins de 100 agents, au sein des quelque 1.200 agences et opérateurs des ministères, un nombre jugé trop élevé.

Le gouvernement a acté jeudi la fusion ou la suppression de 40 de ces petites structures, dont la liste n’a pas été rendue publique. « Mais nous voulons faire plus et le Premier ministre a fait passer le message en ce sens », a-t-on souligné à Matignon. Sur les 390 commissions administratives actuelles, elles aussi jugées trop nombreuses, « une centaine » vont par ailleurs être supprimées.

Ont également été mis en ligne deux sites internet évaluant la qualité des services publics, dont la création avait été annoncée en octobre dernier. Le premier (www.resultats-services-publics.fr) recense les évaluations chiffrées des différents services publics (hôpitaux, Caf, trésoreries…). Le second (www.voxusagers.gouv.fr) permet de témoigner ou de consulter d’expériences dans un service public ou une administration.

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