14 nouvelles idées anti-gaspillage, accueillies avec réserve

Trois ans après le vote de la loi contre le gaspillage alimentaire, un rapport présenté cette semaine préconise quatorze mesures pour la rendre plus ambitieuse : ces idées, quoique collant aux attentes des consommateurs, sont cependant accueillies avec scepticisme.

Initiateur de cette loi en 2016, Guillaume Garot, député socialiste de la Mayenne, a présenté mardi devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée ses préconisations « pour prolonger l’ambition qu’elle avait fixée », aux côtés de Graziella Melchior (LaREM, Finistère).

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Tous deux à la tête d’une mission d’évaluation de la loi ont établi un constat : « plus que de rattraper les dérives d’une société de surconsommation, il faut (les) éviter ». Ainsi, selon l’UFC Que-Choisir, 20 kg de produits alimentaires sont gaspillés par consommateur et par an, dont 7 n’ayant même pas été pas déballés.

Au terme de dizaines d’auditions d’acteurs de la chaîne alimentaire, les deux co-rapporteurs ont préconisé « une politique publique plus préventive, par un renforcement des contrôles et des sanctions applicables », ainsi que par « de nouveaux outils d’action ». 

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Parmi leurs quatorze mesures figurent « la suppression de certaines dates limites de consommation sur les produits secs » (épicerie, conserves, huile et miel), la création d’un « Fonds national anti-gaspillage alimentaire » ou l’encouragement aux dons entre particuliers.

Des dates de péremption à revoir

Si ces mesures vont dans le sens d’une consommation plus responsable et plus respectueuse de la planète de plus en plus plébiscitée par les Français, certaines risquent d’être compliquées à mettre en place, selon des associations, sociétés ou organismes impliqués dans le mouvement « anti-gaspi », interrogés par l’AFP. 

« Notre combat du moment, ce sont les dates de péremption », affirme ainsi Lucie Basch, fondatrice de l’application « Too Good to Go », rappelant avoir lancé cet automne une pétition (#ChangeTaDate) à destination des industriels, qui a recueilli plus de 61.000 signatures.

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« C’est bien d’avoir mentionné le riz et les flocons d’avoine », pour lesquels une « date de durabilité minimale » (DDM) pourrait ne plus être indiquée mais uniquement une « date de fabrication », « mais on voudrait que la liste soit plus exhaustive », estime-t-elle.

Pour Olivier Andrault, chargé de mission alimentation à l’UFC-Que Choisir, ces propositions mériteraient d’être « musclées » : l’association propose ainsi de d’exiger que la date limite de consommation (DLC), notamment des produits laitiers, ait une véritable justification « sanitaire » et non pas « une origine marketing, pour faire +tourner+ les stocks.

Si rien n’est fait, ce système « restera toujours au bon vouloir des industriels et des fabricants », soutient Mme Basch, selon qui la France est en retard par rapport aux pays scandinaves notamment.

Dans un message à l’AFP, l’Association nationale des industries agroalimentaires (Ania), affirme travailler actuellement « pour sensibiliser et faire de la pédagogie sur les dates, favoriser le don et lutter contre le gaspillage alimentaire ».

Favoriser d’autres initiatives innovantes

Alors que ne sont actuellement concernées que les surfaces de plus de 400 m2, grandes pourvoyeuses des banques alimentaires, il est « essentiel » d’impliquer davantage les petits commerces de bouche (bouchers/charcutiers, boulangers, traiteurs) dans la lutte contre le gaspillage, ajoute Mme Basch, même s’il faut favoriser aussi « d’autres initiatives innovantes ».

Didier Orainta, à la tête du réseau d’épiceries en vrac « Day by Day », estime ainsi qu' »il faut inventer des processus spécifiques » adaptés à ce types de petites surfaces, car les sociétés valorisant les invendus et déchets alimentaires « ne se déplacent qu’en cas de volumes importants ».

Enfin, les députés souhaiteraient « davantage de contrôles (des grandes et moyennes surfaces, NDLR) et des sanctions plus fermes », mais la Répression des Fraudes travaille déjà à flux tendu. Dans un récent communiqué, l’intersyndicale de la DGCCRF dénonçait ainsi les « suppressions d’emploi » en son sein et les « attaques incessantes sur (ses) missions ».

Rédaction Mieux Vivre avec AFP

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