Consommation: pourquoi les prix sont bien plus élevés en Outre-mer qu’en métropole

L’Autorité de la concurrence a relevé des écarts impressionnants. Les produits alimentaires sont 38% plus chers en Martinique que dans l’Hexagone, par exemple.

Les écarts de prix entre les départements d'Outre-mer et la métropole sont parfois très importants. Crédit: Istock

Un écart « significatif » : l’Autorité de la concurrence s’est penchée sur la différence des prix à la consommation entre la métropole et les différents départements ultramarins. Dans un communiqué publié jeudi 4 juillet où elle livre ses résultats, l’Autorité constate que l’écart entre les prix métropolitains et d’Outre-mer est compris entre +6,9% (Mayotte) et +12,5% (Guadeloupe).

Le rôle de l’octroi de mer

C’est particulièrement sur les produits alimentaires que la différence se ressent. L’Autorité a relevé un écart de +38% entre la Martinique et la métropole concernant ces produits, de +33% pour la Guadeloupe, +34% pour la Guyane, +28% pour La Réunion et +19% pour Mayotte.

Pour la présidente de l’Autorité de la concurrence Isabelle de Silva, il faut y voir « le rôle particulier de l’octroi de mer » qui est un « facteur assez considérable de renchérissement des produits », rapporte BFM. L’octroi de mer est une taxe des collectivités territoriales ultramarines portant sur les produits importés. Ressource essentielle pour ces collectivités, cette taxe a pour but de limiter l’importation et favoriser les produits locaux. Or « on constate aujourd’hui qu’il vient frapper des produits importés qui n’ont pas d’équivalents dans le territoire local », explique Isabelle de Silva. L’Autorité propose de supprimer l’octroi sur les produits qui n’ont pas d’équivalents locaux.

A LIRE >>> Augmentation du prix de l’eau en vue pour les propriétaires de piscine ou de résidences secondaires ?

Développer le commerce en ligne

Le coût du transport et le rôle des grossistes-importateurs sont aussi pointés du doigt par l’institution même si, « à chaque maillon de la chaîne (distributeurs, compagnies maritimes, ports, manutentionnaires, transitaires, grossistes), il n’y a pas de marges exceptionnellement hautes ou abusives ». L’accumulation des marges cependant provoque un écart de prix. Néanmoins, le dispositif « bouclier qualité-prix » a permis de constater une baisse de prix sur les produits retenus dans ce dispositif (produits de la vie courante, alimentaires et non alimentaires).

Le commerce en ligne pourrait aider au désenclavement des départements d’Outre-mer et « lutter contre la vie chère », indique le communiqué. Mais l’Autorité a constaté durant son enquête à quel point il était compliqué pour les citoyens des DROM d’accéder à ces marchandises vendues en ligne. Souvent, les enseignes ne livrent pas dans les DROM, en raison des contraintes logistiques. De plus les frais de port peuvent être alourdis en raison de la distance.

Sur le même thème

Consommation vie pratique

Ne manquez rien de l'actualité

Réactions et commentaires

Sur la même thématique