Fraude: le nombre de cartes bancaires touchées atteint des sommets

Des chèques massivement fraudés tout comme des cartes bancaires qui n’en finissent plus d’être la cible de pirates : 2018 aura encore une fois été une bien mauvaise année pour les Français victimes d’une fraude aux moyens de paiement.

Les techniques préférées des fraudeurs pour vous dérober vos numéros de carte : le hameçonnage (phishing) et les logiciels malveillants. Crédit: iStock.

Comme chaque année, l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiements de la Banque de France délivre les chiffres relatifs à l’utilisation frauduleuse des cartes bancaires, chèques, virements et prélèvements. Et comme chaque année, le rapport annuel réserve son lot de surprises.

La première est bien mise en avant par l’observatoire : l’an dernier, le montant de la fraude par chèque a dépassé celui des cartes bancaires. 450 millions d’euros ont été dérobés en 2018 via ce moyen, soit 53% de plus qu’en 2017 !

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Une raison à cela alors que son utilisation recule : la facilité à faire passer de plus gros montants sur des chèques volés ou falsifiés. En témoigne le montant moyen d’un chèque fraudé remis à l’encaissement : 2704 euros en 2018 (contre 2577 euros en 2017), précise l’Observatoire. Ainsi que les principaux modus operandi des auteurs : 56% des chèques fraudés ont été perdus ou volés et 33% ont été falsifiés (grattage, gommage ou effacement du nom, du montant…).

Cette dernière technique est la plus rentable pour les fraudeurs, avec un montant unitaire de 8483 euros contre 4540 euros pour les chèques contrefaits (1827 euros pour les chèques volés ou perdus, 5277 euros pour les chèques détournés ou rejoués).

Fraudes à la CB : +56% de cartes touchées en 4 ans !

Deuxième surprise, qui elle n’est pas sous le feu des projecteurs : la fraude touchant les cartes bancaires a repris son ascension. Après un léger repli en 2017, elle repart sur les chapeaux de roue en 2018 : +13,4 % par rapport à 2017 pour 439 millions d’euros détournés des comptes bancaires des Français. Ainsi, si la fraude par chèque a bien dépassé en montant celle de la fraude par CB, cette dernière représente toujours la quasi-totalité du nombre de transactions frauduleuses (92,4%).

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Le modeste montant unitaire de la fraude par CB (70,5 euros par opération en 2018) cache cette année encore un chiffre éloquent : le nombre de cartes bancaires touchées par au moins une fraude n’en finit plus d’augmenter. Après +31% en 2016 et +7% en 2017, elles ont été 12% de plus en 2018 à avoir été visées, soit près de 146.000 supplémentaires en un an. Si l’on examine la progression depuis 2015, le chiffre donne le tournis : + 56% de cartes ont été victimes d’au moins une fraude l’an dernier !

En pratique : la plate-forme Perceval permet, après avoir fait opposition auprès de votre banque, de signaler toute utilisation frauduleuse d’une carte bancaire aux forces de l’ordre. Le service reçoit en moyenne 450 signalements par jour.

Les techniques préférées des fraudeurs pour vous dérober vos numéros de carte « demeurent celles du hameçonnage (phishing, e-mail usurpant une administration, votre banque…, Ndlr), et des logiciels malveillants (malwares, installés à l’insu des utilisateurs sur leur ordinateur) », précise l’Observatoire.  Elles représentent 66% des montants dérobés. L’utilisation frauduleuse de la carte après une perte ou un vol n’étant à l’origine « que » de 31% du montant des fraudes.

Passer sous les radars

Quant au faible montant unitaire des transactions réalisées après la récupération des numéro de votre carte bancaire (70,5 euros) par les fraudeurs, il est révélateur de leur modus operandi. Ils multiplient les tentatives de transactions sur internet en réduisant leur montant pour passer sous les radars des mesures de sécurisation des paiements en ligne mis en place par les banques et les e-commerçants (3D-secure avec envoi d’un code par SMS, analyse du risque de la transaction par le profilage du client…).

Dernière surprise du rapport, un avertissement figurant dans les toutes premières pages de l’analyse de la fraude prévient qu’en raison d’une « interprétation erronée de la méthodologie de l’Observatoire par un établissement déclarant », les données sur la fraude nationale à la carte de paiement figurant dans les rapports de l’observatoire entre 2015 et 2017 n’étaient pas les bons. Résultat, dans les 3 derniers rapports, le montant de la fraude à la CB était sous-évalué… d’une vingtaine de millions d’euros par an !

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