Comment la loi alimentation a changé les promotions dans les supermarchés

Les distributeurs ont dû s’adapter aux nouvelles conditions imposées par la loi. Si la hausse des prix a été modérée, elle s’est quand même produite. Le champ des promotions s’est déplacé vers le non alimentaire.

Avec la loi alimentation, les opérations de promotion sont plus encadrées. Crédit: Istock

Améliorer la rémunération des producteurs et des agriculteurs : c’était l’un des objectifs de la loi alimentation (loi EGalim) qui est entrée en vigueur au début de l’année 2019. Pour arriver à ce but, la loi a introduit des restrictions dans les promotions effectuées par les industriels et les distributeurs pour éviter de faire baisser le prix des denrées. Ainsi, il est désormais interdit d’utiliser le mot « gratuit » durant les opérations de promotion. La loi a également introduit une hausse du seuil de revente à perte (fixé désormais à 10%). Le volume des produits soumis à un rabais ne peut excéder 25%.

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« Prix choc »

Ces nouvelles dispositions législatives ont eu un effet dans les magasins. Tout d’abord, une hausse de certains prix. D’après l’Autorité de la concurrence, cité par Le Figaro, relever le seuil de revente à perte représente un surcoût de 10 à 78 euros par an et par ménage, soit 4,5 milliards d’euros au maximum sur deux ans. Cependant, les rabais accordés par l’Association nationale des industries agroalimentaires viennent gommer cet effet, en ayant accordé aux consommateurs une « ristourne » de 5,5 milliards d’euros sur les prix. Mais des hausses ont quand même été constatées : +4% sur les produits de grande consommation, +9% sur les alcools.

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Limités dans leur pratique des promotions sur les rayons alimentaires, les distributeurs ont donc déplacé ces pratiques dans les rayons non-alimentaires, pour continuer d’attirer les consommateurs dans les magasins. Les enseignes utilisent d’autres subterfuges de vocabulaire pour continuer à jouer sur le terrain des bas prix : « prix choc », « bas prix ». Selon Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, « Au global, la loi EGalim et la limitation des promotions n’ont pas causé d’inflation sur l’alimentaire en France, mais ont entraîné une attention beaucoup plus poussée sur les prix bas quotidiens (“every day low prices”) et sur l’attractivité des programmes de fidélité pour s’assurer de la loyauté de nos clients ».

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