Nouveaux super-radars tourelles: à peine installés, déjà vandalisés

Les dégradations se multiplient contre ces nouveaux radars, au fur et à mesure que les pouvoirs publics les déploient sur le territoire. Ils viennent remplacer ceux qui ont été dégradés durant le mouvement des Gilets jaunes.

Remplacer les radars coûte des millions d'euros à l'Etat. Crédit: Allili MOURAD/SIPA

En plus d’être ultra-performants, ils devaient être plus résistants pour supporter les assauts que les radars automatiques « classiques » ont connu ces derniers mois, notamment durant le mouvement des Gilets jaunes. Pourtant, à peine déployés, les radars « tourelles » connaissent eux aussi la vindicte de certains.

Ainsi, comme l’annonce BFMTV, huit tourelles ont été abîmées dans le département de l’Aude début août, ainsi que deux autres dans l’Hérault. En Seine-et-Marne, deux radars de ce modèle ont été vandalisés le 2 août. Du côté de la Savoie, un radar a été incendié.

Hautes performances

Dévoilées en avril dernier, ces tourelles de près de quatre mètres de haut promettaient d’être bien plus performantes que les cabines grises standards que l’on voit sur le bas-côté des routes depuis le début des années 2000. Le ministère de l’Intérieur prévoyait d’installer 400 de ces radars nouvelle génération, qui permettent, outre le classique contrôle de la vitesse, de surveiller la circulation jusqu’à 200 mètres et sur huit voies de circulation, en même temps.

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Une tourelle peut analyser la trajectoire de plusieurs véhicules en même temps et repérer les dépassements abusifs, si le conducteur téléphone au volant ou si la ceinture de sécurité est bien bouclée. Pour l’instant, seules les fonctionnalités du contrôle de vitesse et du dépassement de ligne blanche sont activées. Le ministère déploie une stratégie du leurre avec ce modèle : certains seront vides, sans capteurs à l’intérieur, alors que d’autres flasheront.

« Des morts sur la conscience »

Dans une interview au Parisien, le délégué interministériel à la sécurité routière, Emmanuel Barbe, trouve que ces dégradations sont « très lâches » : « Les pouvoirs publics prennent très au sérieux ces actes de vandalisme, commis parfois par de véritables commandos. Il s’agit d’une toute petite minorité d’individus qu’il faut arriver à stopper », rappelant les sanctions qu’ils encourent (de la prison, rembourser les dégâts, une amende pouvant atteindre 75 000 à 100 000 euros).

Il ajoute : « Il faut bien comprendre qu’au final, ces radars dégradés coûtent beaucoup d’argent public à la collectivité. Et les gens qui sont responsables de ces actes de vandalisme auront des morts sur la conscience car sans les radars, les conducteurs ont tendance à rouler plus vite, ce qui provoque mathématiquement davantage d’accidents. »

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