Tarifs bancaires: en 2019, une baisse des tarifs en trompe-l’œil

Dans une industrie bancaire en pleine mutation, les établissements essaient de tirer leur épingle du jeu. Nos conseils pour réduire la note et bénéficier des services les plus innovants.

Si le gel de starifs bancaires a été respecté, certaines pratiques aboutissent à un renchérissement de la note pour les clients. . Crédit: iStock.

Après trois années de hausse, les frais bancaires ont enfin baissé en 2019. Selon le comparateur en ligne Panorabanques, la facture moyenne annuelle des Français est de 215,10 euros, soit 1 % de moins qu’en 2018. A priori, c’est une bonne nouvelle. Pourtant, à y regarder de près, la réalité est plus nuancée.

D’abord, pour chaque client, le gain de pouvoir d’achat est très modeste : 2,20 euros sur un an. Voilà qui ne suffira pas à mettre du beurre dans les épinards… Ensuite, l’addition reste élevée malgré tout, avec des services dont le prix flambe dans certaines banques.

Les frais de tenue de compte, par exemple, se sont envolés, toujours selon Panorabanques, de 20 % à la Caisse d’Epargne Lorraine Champagne-Ardenne (de 15 à 18 euros), de 22 % à la Banque Populaire Grand Ouest (de 24,60 à 30 euros) ou encore de 25 % au Crédit Agricole Corse (de 12 à 15 euros). Un seul établissement a allégé ce poste de dépense : le Crédit Mutuel Nord Europe, de 25,80 à 24 euros (7 %).

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Pour rappel, en 2010, date d’instauration de cette ligne tarifaire, seul un tiers des banques facturait ce service, contre 85 % actuellement. Et pas toujours avec le dos de la cuillère ! Les clients de la Banque Palatine ou ceux de Milleis Banque (ex-Barclays) doivent débourser respectivement 76 et 60 euros, quand la moyenne est à 17 euros…

Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne

Sur la carte bancaire classique à débit immédiat, alors que la tendance est stable (+ 0,7 % sur un an), 39 enseignes ont relevé leurs tarifs cette année, avec des progressions notables pour quelques-unes, notamment + 13 % chez Milleis Banque (de 40 à 45 euros), + 8 % au Crédit Mutuel Nord Europe (de 40 à 43 euros) et + 7 % à la Banque Populaire Grand Ouest (de 41 à 44 euros).

Même constat sur les frais d’incident : la lettre d’information pour compte débiteur non autorisé, par exemple, est passée en moyenne de 9,60 à 9,65 euros cette année (+ 0,5 %). Une quasi-stagnation. Il n’empêche, dix-sept banques ont appliqué une augmentation, parfois de façon importante.

Par ailleurs, quelle que soit la typologie de clients, les frais bancaires font le grand écart entre les régions. Selon le comparateur en ligne Meilleurebanque.com, la Corse est ainsi la mieux-disante pour les jeunes et les actifs, avec respectivement 77,30 et 174,83 euros de frais annuels. Soit jusqu’à 24 % de moins qu’en Auvergne-Rhône-Alpes, région la plus chère pour ces deux profils. Pour les seniors, mieux vaut résider dans le Grand Est pour voir sa facture bancaire s’alléger, soit 155,96 euros par an, contre 175,29 euros en Auvergne-Rhône-Alpes, région la plus onéreuse là aussi.

A l’intérieur d’un même réseau également, les tarifs affichent de fortes variations. Au sein du Crédit Agricole, un jeune client paiera, selon Meilleurebanque.com, 31,51 euros auprès de la caisse Alsace Vosges, contre 99,84 euros chez sa consoeur des Alpes Provence. Soit un écart de 217 % ! Idem pour le profil senior : la douloureuse sera de 132,27 euros au Crédit Mutuel Maine-Anjou Basse-Normandie, contre 212,17 euros au Crédit Mutuel Normandie (+ 60 %).

Passer sa consommation au crible avant d’agir

Quant à l’engagement des banques de geler leurs tarifs en 2019, s’il est globalement bien respecté, certaines pratiques aboutissent à un renchérissement de la note pour les clients. La manœuvre est subtile, comme le montre l’exemple d’Axa Banque avec son nouveau package Ogoon, lancé à la fin de juin. Plutôt que d’augmenter le prix de son produit phare (le compte Oligo), l’établissement l’a supprimé et remplacé par une nouvelle offre, plus complète et donc plus coûteuse. Des garanties ont été ajoutées (protection des achats effectués sur Internet, reprise du bien à 50 % de sa valeur jusqu’à un an après l’achat…). A la clé : une hausse tarifaire de plus de 18 % (78 euros annuels, contre 66 euros).

Faut-il pour autant rester les bras croisés ? Sûrement pas ! Des marges de manoeuvre existent pour faire des économies, nous en faisons la démonstration dans notre dossier. Pour cela, le bon réflexe est avant tout de prendre du recul sur votre consommation bancaire : de quoi avez-vous réellement besoin ?

A partir de là, apprenez à faire le tri dans ce que vous vend votre banque. Certains services sont superflus. Demandez- vous aussi si vous êtes bien servi. Autrement dit, en avez-vous pour votre argent ? Ces derniers temps, les banques ont développé moult innovations, sous l’impulsion notamment des nouveaux entrants. Toutes ne se valent pas. Les réseaux traditionnels devront, en tout cas, mettre le client au cœur de leur stratégie dans les années à venir s’ils veulent rester dans la course et dessiner la banque de demain. Une prise de conscience qu’ils semblent avoir amorcée.

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