Emploi à domicile: le gouvernement renonce à supprimer la niche sociale pour les personnes âgées

Face à la polémique, le Premier ministre a déclaré que ce projet était finalement abandonné. Le gouvernement espérait gagner ainsi environ 300 millions d’euros par an.

Les personnes âgées pourront continuer de bénéficier de ce dispositif mis en place en 1987. Crédit: Istock

La polémique a enflé jusqu’au renoncement. Alors qu’il répondait à une question à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé mardi 24 septembre que, finalement, le gouvernement renonçait à supprimer l’avantage social dont bénéficiaient les plus de 70 ans lors de l’emploi d’une personne à domicile.

Rassurer les professionnels

En effet, ces personnes âgées étaient dispensées de payer les cotisations patronales, sauf les contributions pour les accidents du travail et les maladies professionnelles. Cette dispense aurait été restreinte uniquement aux personnes qui ont perdu leur autonomie. Une mesure qui aurait permis à l’Etat de gagner 310 millions d’euros en 2020 et 360 millions d’euros les années suivantes.

 « J’ai demandé à la ministre du Travail de renoncer à cette mesure. Je veux donc rassurer les professionnels et les employeurs : ces mesures n’entreront pas en vigueur », a déclaré le Premier ministre devant les députés.

« Décision brutale »

L’information de cette suppression avait été donnée lundi 23 septembre par le journal Les Echos et confirmée dans la soirée sur LCI par la porte-parole Sibeth Ndiaye. Une nouvelle qui avait provoqué un tollé. « Il s’agit d’une mesure qui est contraire à la politique générale qui est celle du maintien à domicile des personnes âgées », avait, par exemple, commenté Pierre Erbs, le président de la Confédération nationale des retraités, interrogé par Europe 1.

Pour Marie-Béatrice Levaux, la présidente de la Fédération des particuliers employeurs (Fepem), « c’est une décision brutale, incompréhensible et incohérente politiquement. C’est désastreux pour près de 700 000 retraités qui, contrairement à ce que l’on laisse entendre, ne sont pas riches, loin de là ! ». Elle ajoute, dans Ouest-France, que cette suppression était un « très mauvais signe pour un secteur qui pèse des millions d’emplois. Avec de tels signaux contradictoires, comment continuer à attirer des personnes vers des métiers dont on a tant besoin ».

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