Les gagnants et les perdants de la réforme de l’assurance chômage

La première étape de la réforme de l’assurance chômage fait quelques heureux mais produira des effets délétères pour les jeunes travailleurs ou les travailleurs précaires.

La prochaine étape de la réforme de l'indemnisation chômage interviendra en avril 2020. Crédit: iStock.

Les règles pour prétendre aux allocations chômage sont durcies depuis le 1er novembre. Quelques-uns vont y gagner : d’une part, les salariés démissionnaires ayant au moins cinq ans d’ancienneté et un projet professionnel validé par un Conseil en évolution professionnelle (CEP) ; d’autre part, les indépendants touchés par une liquidation ou un redressement judiciaire, justifiant d’au moins 10 000 euros de revenus annuels les deux dernières années.

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Les premiers pourront recevoir une indemnité dont le calcul et la durée sont identiques à ceux appliqués aux salariés licenciés (jusqu’à vingt-quatre mois pour les moins de 53 ans). Les seconds bénéficieront d’une allocation de 800 euros durant six mois, non renouvelable.

Près de la moitié des demandeurs d’emploi défavorablement touchés

Les perdants sont plus nombreux, soit près de la moitié des demandeurs d’emploi dès 2020, selon l’Unédic, le gestionnaire de l’assurance chômage. Avec, en première ligne, les jeunes qui terminent leur premier contrat court, puisqu’il faut désormais avoir travaillé au minimum six mois sur les vingt-quatre ayant précédé la perte de l’emploi pour ouvrir des droits, contre quatre sur les vingt-huit derniers mois auparavant.

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Idem pour les personnes cumulant emploi et chômage qui, au lieu d’un mois, doivent avoir eu six mois d’activité au total pour recharger leurs droits, c’est-à-dire reporter ceux existants ou en acquérir de nouveaux. Enfin, pour les revenus dépassant 4 500 euros brut, l’allocation est amputée de 30 % dès le septième mois, avec un plancher de 2 261 euros net. Les plus de 57 ans sont toutefois épargnés.

La prochaine étape de la réforme interviendra en avril 2020, avec la modification des règles de calcul des allocations. A la clé : 3,4 milliards d’euros d’économies au total d’ici à la fin 2022.

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