Chambardement chez HSBC qui envisage de céder sa banque de détail en France

Selon une source proche du dossier, des discussions vont démarrer avec des banques ayant manifesté leur intérêt ces derniers mois pour cette activité de HSBC.

Le groupe bancaire, en pleine restructuration, remanie sa direction mondiale en profondeur. CRédit : Istock

En plein remaniement de sa direction, le géant bancaire HSBC envisage de céder tout ou partie de son activité de banque de détail en France qui emploie des milliers de personnes, a-t-on appris lundi de sources concordantes. 

D’après une source proche du dossier confirmant une information du quotidien Les Echos, des discussions vont démarrer avec des banques – françaises et étrangères – qui ont manifesté leur intérêt ces derniers mois pour cette activité.

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Le groupe bancaire, dont le siège est à Londres et qui est particulièrement présent en Chine, compte plus de 8.500 salariés en France au total, dont une grande partie travaille dans son activité de banque de détail.

Joint par l’AFP, le délégué CFDT Pascal Montmain a expliqué pour sa part avoir participé à « une réunion avec la direction générale cet après-midi, qui nous a fait part de deux hypothèses, restructuration interne ou cession d’une partie des activités, ce qui est le plus probable ». 

« Ils se donnent 4 mois pour trouver un acheteur pour l’activité des particuliers et de la petite entreprise, soit environ 5.000 salariés », a expliqué M. Montmain, représentant de la première organisation syndicale chez HSBC France avec 29,5% des voix. « Bien entendu on est inquiets pour l’emploi », a-t-il ajouté.

Une restructuration si aucune offre n’est retenue

Si aucune offre d’achat n’est retenue par le groupe, HSBC pourrait lancer une restructuration, d’après la même source. Sollicité par l’AFP, HSBC France n’a pas confirmé cette option, réitérant, comme en septembre, qu’une « revue stratégique (était) en cours » et qu’aucune décision n’avait été prise. 

Cette initiative intervient au moment où le groupe bancaire, en pleine restructuration, remanie sa direction mondiale en profondeur. 

Samir Assaf, un vétéran du secteur, « va démissionner en tant que directeur général de la banque internationale et des marchés », à savoir l’activité de banque d’investissement, à compter du 1er mars et deviendra « directeur de la banque d’affaire et institutionnelle », un rôle qui représente une réduction de ses responsabilités. Il sera remplacé par deux co-directeurs, Georges Elherdery et Greg Guyett, d’après un communiqué de la banque publié à Londres.

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Andy Maguire va par ailleurs quitter ses fonctions de directeur opérationnel à compter du 30 janvier et partira du groupe le 9 juin après une période de préavis. Il sera remplacé par John Hinshaw, venu de chez Hewlett Packard et administrateur de la Bank of New York Mellon. Enfin, Pam Kaur, directrice du risque crédit, deviendra directrice du risque de la totalité du groupe à partir du 1er janvier, remplaçant Marc Moses.   

Le directeur général de HSBC Noel Quinn, qui s’est lancé dans une restructuration à marche forcée de la banque, dit avoir hâte de travailler avec ces nouveaux dirigeants pour accélérer le redressement de la banque.

Des résultats financiers plombés

Fin octobre, HSBC avait annoncé une chute de son bénéfice net au troisième trimestre, plombé par l’Europe et les Etats-Unis, dont les performances avaient été qualifiées d’inacceptables par Noel Quinn, qui assure l’intérim à la direction générale de HSBC depuis l’éviction surprise en août de John Flint. 

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Ce dernier a préparé le terrain pour une vaste « remodélisation » du groupe, laissant présager des coupes sombres dans les effectifs après une première vague de suppression de 2% de ses effectifs, soit 4.700 postes.

Le groupe a réalisé un bénéfice net de près de 3,0 milliards de dollars entre le 1er juillet et le 30 septembre, soit une baisse de 24% sur un an. Le Financial Times avait écrit début octobre, citant des sources proches du dossier, que le groupe pourrait supprimer jusqu’à 10.000 emplois supplémentaires.

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