« Pic historique » pour les locations de voitures

La grève incite les Français à trouver des plan B face à l’annulation des trains. Plusieurs loueurs ont confié qu’ils privilégiaient les demandes pour des locations de longue durée.

En 2018, 1.400 loueurs se sont partagé les quelque 20 millions de locations courte durée réparties entre 7,7 millions de locataires. Crédit: iStock.

« Pic historique », « hausse exceptionnelle des demandes de dernière minute » et pénuries: les entreprises de location de véhicules enregistrent depuis le début de la grève une forte augmentation des réservations, alors que la SNCF a commencé à communiquer son plan de transports pour les fêtes.

« Depuis le début de la grève, on a eu une hausse des réservations de 50%, notamment dans les zones paralysées, comme l’Ile-de-France », explique à l’AFP Quentin Lestavel, directeur France de Getaround (ex-Drivy), plateforme de location de voitures entre particuliers.

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« Le taux d’occupation pour la période de Noël est proche de 90%. C’est un pic historique, mais il n’y aura pas de pénurie, tout le monde aura une voiture. De plus en plus de personnes proposent leur véhicule sur la plateforme », rassure-t-il.

Des demandes en hausse de plus de 100%

En revanche, du côté du loueur classique Europcar, on admet un « risque de non-adéquation de l’offre par rapport à la demande » tant cette augmentation des réservations à la dernière minute est « exceptionnelle ».

« Cela s’explique par le fait que les Français ont attendu les confirmations tardives d’annulation ou de maintien de leurs trains« , explique à l’AFP le directeur France de l’entreprise, Robert Ostermann: « nous avons vu des demandes en hausse de plus de 100% » sur certaines régions, « en Ile-de France et dans le Sud-ouest notamment ».

Europcar a ainsi enregistré une « augmentation de 130% des recherches sur le site en Ile-de-France et de 80% au niveau national » et sera à « 80-85% de taux d’utilisation de la flotte globale pour la semaine de Noël », selon lui.

Ouicar, filiale de la SNCF proposant comme Getaround un service de location de voitures entre particuliers, a également vu le nombre de locations « augmenter dès que les grèves ont été annoncées ».

Grosse demande pour les familiales

« A partir du 3 décembre, les réservations ont augmenté de 40% » par rapport à une situation où il n’y aurait pas eu de grève », confie à l’AFP Benoît Sineau, PDG de Ouicar.

« A Paris, beaucoup de voitures +citadines+ sont louées pour des trajets courts vers la petite couronne ». Les berlines ou voitures familiales sont également très demandées, notamment par les gens « dont les billets de train ont été annulés mais qui ont quand même besoin d’aller en vacances », ajoute-t-il.

Avis, autre entreprise de locations de voiture, a constaté une « augmentation du trafic sur le site de 20% par rapport à la même période l’an dernier », tandis que Hertz n’a pas souhaité faire de commentaire.

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Une recherche effectuée jeudi soir par l’AFP via des sites de réservation a montré que des voitures restaient disponibles pour la semaine du 23 au 30 décembre à Paris intra-muros, mais en nombre limité et plutôt dans des catégories supérieures, plus coûteuses.

Plusieurs loueurs ont confié à l’AFP qu’ils privilégiaient les demandes pour des locations de longue durée, et un retour des véhicules dans leur agence d’origine, ce qui peut expliquer que certaines requêtes ne donnent pas de résultat.

En 2018, 1.400 loueurs se sont partagé les quelque 20 millions de locations courte durée réparties entre 7,7 millions de locataires. « Le marché de la location courte durée est assez stable. Par ailleurs, environ 13% du marché total des voitures destinées à la location lui est destiné, ce qui représente environ 200.000 nouvelles voitures par an. Ce chiffre est en légère augmentation », détaille à l’AFP François Roudier, directeur de la communication du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA).

« Généralement, le pic de réservation intervient en juin, l’hiver est plutôt une saison creuse. Les loueurs ont sûrement dû faire remonter des voitures de villes moins touchées par la grève dans les zones où les plus touchées », analyse-t-il.

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