Mobilité bancaire: le bilan accablant de l’UFC-Que Choisir

Un constat au vitriol de l’association de défense des consommateurs révèle que la loi Macron de 2015 mettant en œuvre le mandat de mobilité bancaire est à mille lieux d’avoir tenu ses promesses.

Une demande de changement d’établissement bancaire sur dix n’est pas prise en compte. Crédit: iStock

D’après les chiffres avancés par le magazine, qui a sondé 110 banques et prestataires de la mobilité bancaire en novembre dernier pour fourbir son enquête, une demande de changement d’établissement bancaire sur dix n’est pas prise en compte. Ainsi, ils ne sont que 2,5% des consommateurs à avoir changé de banque en 2019, alors qu’ils étaient près de 17% à le souhaiter, selon le bilan du Comité consultatif du secteur financier de juin 2018. Et pour cause : « le mandat de mobilité bancaire constitue un véritable parcours du combattant », affirme l’UFC.

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L’association constate également que 4 demandes de mobilité sur 10 n’aboutissent pas à la clôture de l’ancien compte. Une anomalie qu’elle explique par « le transfert artificiellement difficile et onéreux des produits d’épargne (assurance-vie, PEA, PEL, etc.) » et qui contraint les clients ayant voulu quitter leur banque à garder leur ancien compte en sus du nouveau. « Un comble », estime l’UFC-Que Choisir.

« Une kyrielle d’erreurs aussi grossières qu’inadmissibles »

L’inefficacité du dispositif de mobilité est, selon le mensuel, liée à une « kyrielle d’erreurs aussi grossières qu’inadmissibles puisqu’elles sont imputables aux seuls professionnels » du secteur. Ceux-ci ne signeraient pas les mandats, saisiraient de mauvais numéros de compte, ou encore ne parviendraient pas à identifier le titulaire d’un compte… etc.

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Outre ces reproches, l’UFC-Que Choisir explique avoir constaté la multiplication de litiges liés à la « facturation de frais indus consécutive à une mobilité (prélèvements rejetés, pénalités de retard…) ».

Vers la portabilité du numéro de compte bancaire ?

Pour remédier à cela, l’UFC-Que Choisir appelle les pouvoirs publics à mettre en oeuvre la portabilité du numéro de compte bancaire et dans cette attente, les invite à étendre le mandat de mobilité bancaire à l’ensemble des produits liés au compte courant, entre autres les produits d’épargne. Elle réclame aussi la gratuité du transfert des CEL et PEL et le plafonnement des frais de transfert des PEA.

Pour soutenir les consommateurs, elle les enjoint à utiliser son comparateur bancaire indépendant en accès libre pour dix jours.

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