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Grèves des transports: négociations en cours pour le remboursement des voyageurs franciliens

Le remboursement intégral des abonnements pour décembre est réclamé aux opérateurs par Valérie Pécresse. "Le principe du dédommagement est acté", a indiqué un porte-parole de la RATP.

Crédit : iStock.

La présidente d’Ile-de-France Mobilités (IDFM), Valérie Pécresse, a convoqué mercredi les dirigeants de la RATP et de SNCF Transilien pour demander le remboursement intégral des abonnements pour décembre, la grève ayant très fortement perturbé les transports publics dans la région depuis le 5 décembre.

« Valérie Pécresse demande à la RATP et la SNCF le remboursement de tous les abonnements pour les voyageurs, qui sont pour beaucoup salariés et qui subissent une galère épouvantable avec parfois des heures de transport et des frais supplémentaires pour aller travailler et assurer le fonctionnement et la continuité dans leurs entreprises », a résumé un porte-parole à l’AFP.

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Le petit monde des transports franciliens pensait régler cette affaire après la fin de la grève, mais celle-ci a déjà bien débordé sur janvier. Et de nombreux usagers se sont sentis floués car ils ont eu bien peu l’occasion de valider leur Pass Navigo en décembre –faute de transports, parce qu’ils n’ont pas pu physiquement accéder aux guichets automatiques dans la cohue ou parce que les barrières du métro étaient ouvertes.  

Contractuellement, la SNCF est engagée avec Ile-de-France Mobilités à faire circuler au moins un train de banlieue sur trois. La RATP, elle, a une obligation contractuelle de 50% aux heures de pointe (sur les RER A et B, le métro et le réseau de surface). 

« Le principe du dédommagement est acté », a indiqué un porte-parole de la RATP à l’AFP. Mais le groupe public estime qu’il a rempli ses obligations sur le réseau de surface (bus et trams) et en grande partie sur le RER –même si les véhicules, bondés, étaient inaccessibles– depuis le début de la grève.

Le Medef renâcle

Côté SNCF, le directeur général de Transilien — la branche qui fait rouler les trains de banlieue– Alain Krakovitch s’est engagé avant même le conflit à dédommager les clients « sur chacune des lignes où le service minimum n'(a) pas été respecté ». La SNCF n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet avant la réunion avec Mme Pécresse, prévue mercredi après-midi.

La discussion pourrait s’orienter sur un partage de la note entre la RATP, la SNCF et Ile-de-France Mobilités, l’autorité régionale des transports pouvant reverser aux voyageurs les indemnités que les deux compagnies publiques vont lui devoir du fait de la réduction du service rendu pendant la grève, a avancé une source proche du dossier.

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Pour compliquer les choses, le Medef Paris a demandé mercredi à Ile-de-France Mobilités le remboursement de la contribution des entreprises parisiennes en mois de décembre, la grève des transports publics ayant « causé des pertes majeures de chiffre d’affaires pour les entreprises et empêché leurs salariés de venir travailler ».

Appelée « versement transport », cette contribution destinée au financement des transports en commun concerne les entreprises d’au moins onze salariés. Elle se monte à 4 milliards d’euros par an en Ile-de-France, auxquels il faut ajouter la prise en charge par les entreprises de 50% des abonnements de leurs salariés via le Pass Navigo (près d’un milliard par an), selon le Medef. 

« Il n’est pas raisonnable de faire peser sur les entreprises parisiennes le montant d’une taxe équivalente à presque 3% de leur masse salariale pour financer des transports qui ne circulent pas », a déclaré le président du Medef Paris Jean-Louis Schilansky, cité dans un communiqué.

Il réclame en conséquence « le remboursement du versement transport pour le mois de décembre et demandera également celui du mois de janvier si la grève se poursuit ».  « La demande du Medef est indécente », a répondu Valérie Pécresse via son porte-parole. 

« Le versement transport comme les financements des collectivités servent à financer les besoins immenses pour moderniser le réseau de transport en commun dont les entreprises profitent », a-t-elle ajouté.