Grèves: « aucun risque de pénurie » de billets à craindre, rassure la Banque de France

Alors qu’un appel au blocage des deux plus gros centres français de production des billets de banque a été lancé, les distributeurs pourraient-ils se retrouver à sec ? La réponse du directeur général des services de la Banque de France.

Selon le directeur général des services de la banque de France il n'y a "aucune hypothèse crédible de perturbation de la capacité d'acheter liée à ce type d'action". Crédit: iStock.

L’appel du syndicat CGT Banque de France à bloquer les deux plus gros centres fiduciaires du pays peut-il mener à interrompre la distribution de billets? « Aucun risque », affirme lundi à l’AFP Erick Lacourrège, directeur général des services à l’économie et du réseau de la Banque de France.

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Quelle est l’activité des centres fiduciaires ?

On a 37 centres fiduciaires sur le territoire dans lesquels on gère l’argent liquide: on stocke les billets, on les trie en effectuant un contrôle de qualité avant de les remettre en circulation ou de les détruire, on met en circulation de nouveaux billets. Sur ces 37 centres, deux sont de très grosse taille: un près de Paris à La Courneuve, qui couvre la région parisienne, un autre dans le Nord de la France, près de Lille. Ces deux sites ont été visés par l’appel (au blocage) de la CGT.

On parle de deux centres sur 37, sachant que ce sont les deux plus gros et que le centre de La Courneuve représente 25% des billets qui circulent dans le pays. Ces deux centres ont pour but d’assurer l’alimentation en billets de la chaîne fiduciaire, c’est à dire que des transporteurs de fonds viennent dans ces centres pour récupérer des billets à mettre en circulation et les acheminent auprès des banques commerciales pour approvisionner leurs distributeurs automatiques de billets.

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Quel type de blocage est aujourd’hui exercé dans les centres fiduciaires de Paris et Lille?

Ces centres ne sont pas occupés, ni bloqués. Le centre de Lille est complètement libre, il n’y a pas eu de manifestation, il travaille normalement. Quant à celui de Paris, à l’heure actuelle, il y a une assemblée générale de la CGT sur le trottoir devant le centre mais il n’y a pas de blocage des accès. Le centre fonctionne normalement actuellement. Nous allons voir comment la situation évolue mais l’hypothèse du blocage total du site est faible à ce stade.

Ces centres sont des points vitaux et sensibles donc nous sommes, comme d’habitude, en relation avec les préfets et les forces de l’ordre mais il n’y a aucune raison à ce stade pour qu’elles interviennent.

Y-a-t-il un risque de pénurie de billets ?

Non, il n’y a aucun risque de pénurie parce qu’on est organisé avec la filière fiduciaire pour l’alimentation des distributeurs de billets, nous avons pris des dispositions pour avoir suffisamment de stock auprès des acteurs de la filière -transporteurs de fonds et banques- pour alimenter les distributeurs pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines. Et en dehors de la région parisienne, il n’y a pas de risque non plus car il n’y a pas de blocage.

Si un centre sur 37 était bloqué, il y aurait des billets quand même. Si les accès étaient bloqués, cela perturberait l’activité normale du centre mais cela n’aurait aucun impact pour le public derrière, on rattrapera ensuite.

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La capacité d’interruption du service suite à un blocage annoncé de ce type-là est extrêmement faible, il faudrait que ce soit bloqué des mois entiers, ce qui est totalement illusoire. Cette situation fait partie du plan de continuité que l’on met en place sur tout le territoire. Ce plan de continuité dresse différents scénarios de crises avec l’ensemble de la filière fiduciaire pour s’organiser et assurer la distribution d’espèces en cas de crise exceptionnelle, pas seulement les crises sociales. 

Si le blocage se confirmait, nous sommes suffisamment bien organisés avec l’ensemble des acteurs pour ne pas avoir d’interruption de service. Par ailleurs, le cash est un moyen de paiement parmi d’autres, les Français en utilisent aussi d’autres. Il n’y a aucune hypothèse crédible de perturbation de la capacité d’acheter liée à ce type d’action.

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